Dans la Presse : Christophe Léonard invite le député Christian Paul dans les Ardennes

A l’invitation du député Christophe Léonard, le chef de file de la motion B s’est adressé, hier soir, aux militants socialistes ardennais.

Article 15 05 15 Christian Paul Photo

Il est devenu, en quelques mois, l’une des figures les plus médiatiques du paysage politique français. Député de la Niève, Christian Paul est connu du grand public pour être le chef de file de la mouvance la plus à gauche du PS. Hier soir, il était de passage à Charleville-Mézières pour s’adresser aux militants socialistes ardennais, à l’invitation du député Christophe Léonard.

En campagne dans l’optique du vote des militants, avant le congrès de Poitiers, les deux hommes défendent la motion B. Celle dite des « frondeurs » en rupture avec la politique de François Hollande et Manuel Valls, jugée trop libérale.

« Décrochage de l’électorat »

Frondeur, Christian Paul l’assume. Mais estime l’étiquette réductrice : « Nous sommes d’abord garants des engagements pris en 2012 », explique-t-il. « Et nous faisons des propositions. » Dans le but de « revitaliser » voire « réinventer » un Parti socialiste qui a bu la tasse lors des dernières échéances électorales. Notamment dans les Ardennes, « département en souffrance » a rappelé Christophe Léonard. Et terre industrielle où le « made in France » cher à Montebourg avait suscité de nombreux espoirs. Visiblement déçus. « Il y a eu un décrochage profond de l’électorat », reconnaît Christian Paul. Christophe Léonard ne dit pas le contraire. Le député ardennais n’a pas caché que le PS, localement, restait « groggy » après la lourde défaite des municipales, l’an passé. D’où la nécessité de reprendre les fondamentaux : « Aujourd’hui, l’argent n’est pas redonné aux entreprises qui en ont le plus besoin. Les PME connaissent des difficultés. Il faut conduire une politique de l’argent utile, de l’euro utile », plaide-t-il.

Christian Paul le sait mieux que personne, le congrès qui s’annonce, début juin, a des airs de quitte ou double. « Si notre motion est majoritaire, elle doit aboutir à mettre en œuvre une politique économique et sociale plus juste », martèle-t-il inlassablement depuis des semaines. En plus visible, aussi. « Les gens doivent sentir que leurs efforts servent à quelque chose. Il faut que l’on sache où l’on prend l’argent et comment on le redistribue », abonde Christophe Léonard. Pour tenter, si cela est encore possible, de réconcilier un territoire fracturé : « Je ne peux pas supporter qu’il y ait deux France, l’une qui gagne, et l’autre que l’on abandonne », confie Christian Paul.

Discours à la résonance particulière dans un département où l’emploi comme la démographie sont en berne. Et où les militants socialistes, eux-mêmes, souvent prisonniers de querelles internes, ont bien du mal à voir le ciel bleu promis par François Hollande il y a trois ans.

Quatre motions, deux philosophies, un vote crucial

Le jeudi 21 mai, les militants socialistes devront voter en amont du congrès du parti, qui aura lieu début juin. L’enjeu est de taille : définir la ligne de conduite du PS. Quatre motions sont en compétition. Deux, essentiellement, cristallisent la fracture idéologique : la motion A, portée par le premier secrétaire Jean-Christophe Cambadélis avec le soutien de Manuel Valls et la motion B, qu’incarne Christian Paul, représentant l’aile gauche du parti.

Olivier Durand, Journaliste L’Union L’Ardennais – 15 05 2015