Lettre aux déçu(e)s et aux abstentionnistes du 1er tour

Le 13 décembre, je vote Jean-Pierre MASSERET.

Communiqués nationaux

Dimanche dernier, le Front National est arrivé largement en tête du 1er tour des élections régionales en Alsace - Champagne-Ardenne - Lorraine.

De fait, il n’est plus possible de considérer le vote Front National comme un vote de colère ou de rejet secondaire. Il s’agit aujourd’hui d’un vote d’adhésion. Le choc d’un résultat pourtant attendu et annoncé depuis de longs mois appelle par conséquent chacune et chacun à prendre ses responsabilités.

La République toute entière d’abord, car de deux choses l’une, soit le Front National est contraire à nos valeurs de Liberté, d’Egalité et de Fraternité, et il doit alors être interdit et dissous, soit il ne l’est pas. La question doit être clairement posée et tranchée et l’hypocrisie morale et politique qui consiste à le diaboliser par commodité et intérêt électoraliste tout en lui permettant de présenter des candidat(e)s aux élections et donc d’avoir des élu(e)s, et en lui conférant une respectabilité en le recevant à l’Elysée ou encore en l’associant dernièrement à l’hommage solennel de la Nation aux victimes des attentats du 13 novembre cesser.

La Gauche, ensuite, qui est partie divisée dans ce scrutin après avoir dirigé la quasi-totalité des régions depuis de nombreuses années, toutes sensibilités confondues, et dont la politique économique et sociale décidée par son Gouvernement depuis 2012 est la cause première de sa fragmentation. Cette division est le facteur déterminant de son échec, comme elle le fut à l’occasion des précédents rendez-vous électoraux, puisqu’elle lui interdit toute dynamique dans les urnes et la condamne à disparaitre.

La Droite, bien sûr, dont le chef avant-hier à Rochefort (Charente-Maritime) a mis sur le même plan le vote de Gauche et celui du Front National et qui depuis trop longtemps suit une dérive identitaire et sécuritaire qui épouse les thèses du Front National. Dans les Ardennes, cette dérive s’est traduite en mars 2014 au sein du Conseil Municipal de Charleville-Mézières par l’alliance entre le parti « Les Républicains » et le mouvement « Debout la France », sorte d’appendice idéologique du Front National, et par l’abaissement des critères d’éligibilité pour constituer un groupe politique au bénéfice des représentants locaux du Front National, mais aussi par les positions clientélistes tenues par les leaders de la droite ardennaise s’agissant de l’accueil des migrants, ou encore par la désinformation sciemment distillée par la droite départementale sur les questions de sécurité et contre l’action efficace menée par le Ministre de l’Intérieur, Bernard CAZENEUVE, depuis les attentats de janvier, alors même que les députés ardennais « Les Républicains » n’ont pas voté la loi renseignement en mai, ni l’actualisation de la Loi de Programmation Militaire (LPM) en juillet qui vise pourtant à recruter 11 000 militaires d’ici la fin 2016, y compris au sein du 3ème Régiment du Génie de Charleville-Mézières.

Les élites économiques et le grand patronat également incapables de tenir leurs engagements sur la création d’emplois alors qu’ils en avaient promis un million et uniquement préoccupés par leurs seuls profits et la remise en cause de notre modèle social par principe idéologique.

Les Médias et les journalistes dont la recherche de l’audimat oublie trop souvent de donner à voir ce qui va bien dans notre société et de valoriser toutes les initiatives individuelles et collectives porteuses d’avenir et d’humanité pour ne retenir trop souvent que ce qui divise et fracture notre société.

Les abstentionnistes car chacune et chacun d’entre nous est responsable de cette situation, qu’il choisisse de voter ou de s’abstenir. Mais seul(e)s ceux qui déposent un bulletin dans l’urne font un vrai choix. Ne pas voter c’est perdre sa propre liberté au risque de se la voir confisquer par d’autres.

Les électrices et les électeurs car dans ce contexte, nombre de Français(e)s adhèrent aux thèses simplistes du type « Demain, on rase gratis » portées par le Front National et pensent y trouver les solutions immédiates à leurs problèmes sans effort. Malheureusement, ils n’en sont pas moins le jouet des aspirations au pouvoir d’une extrême droite qui n’apporte que de fausses réponses à de vrais problèmes.

Or, la réalité à laquelle nous devons faire face, c’est le chômage et une captation des richesses par quelques-uns qui confine à l’obscénité, c’est la désertification économique et le recul des services publics dans nos territoires, c’est aussi la menace terroriste à l’extérieur comme à l’intérieur de nos frontières, sans oublier les enjeux climatiques qui compromettent l’existence même de notre espèce humaine.

A l’évidence, répondre à ces défis ne peut résider en la suppression du planning familial, la caporalisation des médias et la censure, l’amalgame musulmans-terroristes (…), comme le propose le programme du Front National mais bien dans un véritable projet de société, garant du pacte républicain et des valeurs d’Égalité, de Liberté et de Fraternité.

Malheureusement, le front républicain, qui suppose un minimum de réciprocité sur la base d’un socle politique commun partagé, est devenu au fil du temps un bricolage artificiel à l’efficacité incertaine, réfuté par un peuple qui n’y croit plus, et a été définitivement anéanti par le ni-ni sarkozyste.

Dès lors, par son maintien, Jean-Pierre MASSERET a décidé avec ses colistiers d’appuyer là où ça fait mal et d’ouvrir une nouvelle voie 13 ans après la qualification le 21 avril 2002 au 2ème tour de l’élection Présidentielle du candidat du Front National : celle de la VÉRITÉ !

Quelle société le Peuple de France veut-il pour lui-même, pour ses enfants, pour l’Avenir ?

Cette question est la seule à laquelle il s’agit de répondre dimanche prochain et dans la perspective des futures élections présidentielles de 2017.

C’est pourquoi, j’apporte mon soutien à la décision courageuse et salutaire de Jean-Pierre MASSERET, à cette Gauche qui ne capitule pas, et appelle les déçu(e)s et les abstentionnistes du 1er tour à le soutenir par leur vote.

Christophe Léonard, député des Ardennes