Dans la Presse : 3e Génie - quelle facture pour les Ardennais?

Conseiller général PS de Charleville-centre, Christophe Léonard a rendu public ce week-end le texte de son intervention prononcée vendredi lors d'une réunion de la commission permanente du conseil général.

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Dans cette adresse au président Benoît Huré, Christophe Léonard ironise comme d'autres élus de gauche avant lui sur « la course de vitesse impudique » à laquelle selon lui les élus de la majorité présidentielle se sont livrés pour annoncer le maintien du 3e Génie à Charleville.

Ce qui eut l'effet de « reléguer le Premier ministre au rang de simple petit télégraphiste ». Le conseiller socialiste regrette par ailleurs « la condamnation sans appel du centre commando de Givet ».

Il ironise encore : « Force est de constater, après les réformes précédentes des cartes judiciaire, scolaire et sanitaire, que la volonté présidentielle exprimée le 18 décembre 2006 à Charleville-Mézières de faire des Ardennes, « ce pays de soldats », l'exemple du renouveau français n'est pas encore pour demain. »

Christophe Léonard pose enfin la question de la facture… « Quel est le prix à payer pour les Ardennais du maintien proclamé des effectifs au global sur le département ? Sur les 12 millions d'euros de travaux demandés (NDLR : chiffre avancé par le préfet, nos éditions du 25 juillet) pour accueillir 151 nouveaux militaires en 2009 sur Charleville-Mézières, combien les Ardennais devront-ils débourser ? »

Et de faire la comparaison entre les 4 millions promis par le gouvernement pour compenser la perte des 131 militaires et 30 civils associés de Givet. Il demande par ailleurs que toutes les composantes politiques soient représentées au sein du futur comité de pilotage ?

On notera cependant que le président Benoît Huré avait déjà indiqué au préalable que le conseil général accompagnerait cette extension (du 3e Génie) « en participant aux investissements nécessaires ». Et d'expliciter : « On agit avec l'armée comme avec une entreprise qui souhaite s'implanter et créer des emplois ». Il avait également suggéré que d'autres collectivités participent à cet effort.

Reste ce constat objectif : si le montant de l'ardoise est effectivement de 12 millions pour 150 emplois (voire plus d'un millier si l'on considère que c'est cet argument qui a permis de faire pencher la balance), on a déjà vu des ratios largement moins performants…

A moins de ne considérer que les seuls principes, selon lesquels l'état régalien ne devrait pas, en matière de défense (dont c'est l'une des prérogatives de base), ainsi inciter les collectivités à mettre la main au portefeuille pour éviter le « désaménagement » de leur territoire ! Mais d'une manière générale, que l'état central, justement, s'en remette toujours davantage aux collectivités, est-ce bien nouveau, et est-ce propre aux gouvernements dits « de droite » ? Bien sûr que non.

Philippe Mellet Journaliste L'Union L'Ardennais