Dans la Presse : Bogny-sur-Meuse Les Ardennais de « Mourir dans la dignité » à l'Assemblée nationale

La déléguée ardennaise de l'association pour le Droit de mourir dans la dignité, Mireille Griselhouber, était, jeudi, à l'Assemblée nationale.

CL ADMD 2013

UN des grands chantiers sociétaux du quinquennat de François Hollande doit être l'examen et le vote d'une loi sur la fin de vie.

C'était une promesse de sa campagne, afin « que toute personne majeure, en phase avancée ou terminale d'une maladie incurable, provoquant une souffrance physique ou psychique insupportable et qui ne peut être apaisée, puisse demander, dans des conditions précises et strictes, à bénéficier d'une assistance médicalisée pour terminer sa vie dans la dignité ».

Mireille Griselhouber, la déléguée de l'association pour le Droit de mourir dans la dignité (ADMD) pour les Ardennes, est en pointe dans ce combat.

Elle était jeudi à l'Assemblée nationale avec une délégation de cinq personnes, pour écouter le député UMP Jean Leonetti présenter une proposition de loi au nom de 138 députés de droite et du centre (dont l'Ardennaise Bérengère Poletti), « visant à renforcer les droits des patients en fin de vie ».

Le socialiste ardennais Christophe Léonard faisait partie de la trentaine de députés présents dans l'hémicycle.

Opposé à cette proposition en tant que telle et renvoyant au calendrier voulu par le président de la République, il a pris la parole en évoquant « l'interruption volontaire de vie », un terme que l'ADMD voudrait voir reconnaître.

Des 4 fils Aymon à l'Assemblée

Pour Mireille Griselhouber, cette présence à l'assemblée nationale était le point d'orgue de deux semaines de mobilisation autour de ce thème grave.

Elle avait déjà organisé, dans le cadre de la semaine nationale de l'ADMD qui s'est déroulée du 15 au 21 avril, un rassemblement au pied du monument des Quatre fils Aymon, dans sa chère commune de Bogny-sur-Meuse.

Une manifestation à laquelle ont participé le député Christophe Léonard et les maires de Bogny-sur-Meuse et Monthermé.

Un lieu qui, à ses yeux, « symbolise la résistance à l'injustice et qui incarne la révolte des petits contre l'arbitraire des puissants, ici contre les paternalismes religieux et surtout médicaux qui constituent des freins à la loi. Nous voulons une loi qui donne à chacun le droit de choisir de quelle manière il veut quitter le monde, quand sa vie est arrivée à son terme ».

Elle rappelle la différence de traitement avec nos voisins belges où l'euthanasie est procurée sur demande et après examen par un collège de médecins.

« Pas par un collège de quatre médecins comme cette proposition de loi le suggère, alors que les « déserts » médicaux ne cessent de s'étendre, dans les Ardennes en particulier ! »

Mirko Spasic Journaliste L’Union L’Ardennais