Dans la Presse : Budget primitif 2013 : un niveau d’investissement jamais atteint

Malgré un contexte financier difficile, le conseil général a prévu d'investir 77 millions d'euros en 2013. Un niveau jamais atteint.

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Majorité et opposition sont au moins d'accord sur un point : l'élaboration du budget du conseil général devient un exercice de plus en plus difficile.

« Les besoins d'intervention publique et de solidarité s'accroissent, quand les moyens pour y faire face s'amenuisent, en particulier pour les conseils généraux, qui sont en première ligne de l'intervention sociale », a ainsi résumé le président Benoît Huré, en ouvrant la séance budgétaire, tandis qu'Erik Pilardeau (PS, Monthermé) notait que le Département était confronté à une triple peine : la situation économique nationale, la situation économique et sociale locale et l'important problème structurel qui frappe les finances des conseils généraux, dont l'autonomie fiscale est passée de 30 % à 17 %.

Benoît Huré l'a rappelé : avec un taux de chômage supérieur de 2,5 points à la moyenne nationale au deuxième trimestre 2012, avec plus de 3.000 emplois dont la pérennité semble sérieusement compromise à plus ou moins brève échéance, avec un RSA dont on vient d'annoncer l'augmentation, sans qu'aucune recette nouvelle ne soit mise en regard, les Ardennes se doivent de concentrer leurs énergies.

Espoir déçu

Comme pour conjurer cette crise (et en n'oubliant pas que l'investissement est porteur de commandes pour les entreprises locales), il a donc annoncé un niveau d'investissement à hauteur de 77 millions d'euros pour ce budget 2013 (il était de 45 millions en 2012).

Le chantier de l'A304 (13 millions d'euros), la reconstruction du pont Saint-Nicolas à Revin (7 millions d'euros), la construction de gendarmeries (10 millions d'euros), la réalisation du site scolaire d'Attigny (8 millions d'euros) ou le soutien à l'économie (12 millions d'euros) constituent l'essentiel de ces crédits.

« Pour la première fois, le versement du RSA mensuel a dépassé les 4 millions d'euros il y a quelques semaines », a relevé de son côté Pierre Cordier (divers droite, Nouzonville), qui s'est dit inquiet de voir que l'on ne parlait plus de gel mais de diminution des contributions versées aux collectivités locales.

Ce que Pierre Pandini (divers gauche, Mézières centre-ouest), a dit en d'autres termes, estimant que le Gouvernement ne faisait que « reprendre la politique de désengagement de ses prédécesseurs ».

Espoir déçu : c'est ainsi que Christophe Léonard (PS, Charleville-centre) a commenté ce projet de budget, qui s'équilibre à plus de 435 millions d'euros.

Espoir déçu sauf sur un point, a-t-il précisé, en se félicitant que l'appel de l'opposition concernant les subventions de fonctionnement de l'Etoile de Charleville-Mézières et des Flammes Carolo ait été entendu*.

Pour le reste, il a regretté le manque d'audace en matière de soutien à la recherche et au développement, l'absence de disposition visant à soutenir le tissu associatif dans le secteur de l'économie sociale et solidaire ou encore le fait que l'implantation d'un cluster à rayonnement européen sur le campus universitaire de Charleville-Mézières ne soit même pas évoquée dans le rapport.

* Il a toutefois été précisé que la subvention à ces deux clubs serait identique à celle de 2012 uniquement s'ils restent au même niveau.

Bernard GIRAUD Journaliste L’Union L’Ardennais