Dans la Presse : Budget primitif - Le réveil des conseillers généraux d'opposition

La prochaine session du conseil général qui se tiendra les 29, 30 et 31 mars avec, à l'ordre du jour, le vote du budget pourrait donner lieu à des débats assez musclés.

Journaux - Presse

Ce dont on a d'ailleurs perdu l'habitude depuis quelques années dans l'hémicycle départemental.

Lors d'un point-presse, le groupe socialiste et divers gauche a déjà annoncé la couleur en analysant la situation actuelle et en faisant des propositions.

Premier à pousser un coup de gueule, Christophe Léonard, qui après les orientations budgétaires présentées en février dans un contexte de crise et de restriction des crédits d'Etat a condamné une méthode qui sacrifie, par exemple, la gratuité des transports scolaires.

Et qui restreint aussi toutes les interventions financières pour les équipements sportifs et socio-éducatifs (piscines de Bogny et Sedan), le soutien aux associations et limite les aides financières pour la voirie communale (de trois à un million d'euros) et l'éclairage public urbain.

« Ces décisions mettent en péril en 2010 des collectivités locales mais aussi les entre- prises, les associations et les particuliers » souligne Erik Pilardeau.

Face au constat que « l'autonomie financière des collectivités est foulée aux pieds » et à l'instar d'autres conseils généraux (comme celui de l'Aube présidé par… l'UMP), les élus de gauche demandent avec force de « mettre la responsabilité de l'Etat en cause devant la juridiction administrative pour non-respect du principe constitutionnel d'autonomie financière des collectivités ». Estimant que l'Etat avait transféré les compétences mais pas les moyens, ils demandent « au président Huré d'interpeller le Gouvernement pour qu'une autre politique de financement des transferts de compétences soit mise en œuvre et favorise une véritable péréquation des richesses »

Halte à la gabegie

Entrant dans le vif du débat, les huit élus socialistes et les deux divers gauche condamnent la préparation budgétaire. Sur la forme, ils dénoncent le manque de concertation en amont. « Il s'agit-là d'un déni de démocratie pure et simple ».

Sur le fond, le groupe se prononce contre la suppression de la gratuité du prêt du chapiteau pour les manifestations départementales, le désengagement envers les deux clubs de basket de haut niveau, le maintien en coma artificiel du laboratoire d'analyse départemental d'Hagnicourt pour 700.000 euros par an, l'instauration de la taxe départementale des espaces naturels sensibles au taux de 2 % et l'aménagement de nouvelles zones d'activités départementales « tant que le taux de remplissage des espaces n'aura pas atteint 80 % ».

Didier Herbillon, le porte-parole du PS, a dit halte à la gabegie en demandant la non-reconduction de l'opération de marketing « Les Ardennes vous surprennent » à Lille « au coût prohibitif de 150 000 euros pour trois jours » puis le coût engendré (300 000 euros) par la Maison du père Noël. Il critique la politique de saupoudrage du Département - « On a favorisé des petits cantons à des fins politiques »_ et écorné la volte-face sur le Musée Guerre et Paix.

Erik Pilardeau a encore été plus loin en exigeant une réduction de l'indemnité des conseillers généraux qui ne participent pas aux travaux de la commission permanente. « Il y en a pour lesquels, ça serait violent ». On l'a compris, les socialistes et divers gauche sont de retour. Reste à souhaiter que les élections régionales n'expliquent pas ce soudain coup de sang…

Pascal Remy Journaliste L’Union L’Ardennais