Dans la Presse : Champagne-Ardenne cherche allié(s) désespérément

A l’occasion de l’examen de l’article 1 de la loi relative à la délimitation des régions, aux élections régionales et départementales et modifiant le calendrier électoral, débattu dans la nuit du 17 au 18 juillet 2014, Christophe Léonard, Député des Ardennes, a voté contre l’amendement de la commission des lois proposant le rapprochement de la Champagne-Ardenne et de l’Alsace-Lorraine lors du scrutin intervenu à 6 heures du matin.

Leonard - Campagne 2012

Qu’en pense notre député PS ?

Christophe Léonard veut que notre région pèse dans la balance

Le député PS, Christophe Léonard a voté contre la carte à treize régions proposée par le gouvernement, il revient sur les raisons de son choix.

La Semaine des Ardennes : Que reprochez-vous à cette carte ?

Christophe Léonard : Qu’elle exclut presque la Champagne-Ardenne des débats. Les cas de la Bretagne, de l’Alsace et de la Picardie ont fait l’actu notamment avec les communiqués des élus du Nord mais pas nous. On a fait une nuit blanche jeudi à cause des motions, des rappels au règlement etc. Les discutions n’ont démarré qu’à une heure du matin pour un vote à sic heures. Et, je peux dire que le nom même de Champagne-Ardenne n’a été que très peu prononcé. Notre problématique mais aussi nos atouts n’ont pas nourri le débat et c’est un tort. Je veux que la Champagne-Ardenne soit mise sur le devant de la scène. Je n’accepterais pas, alors que notre produit champagne véhicule une image positive de la France aux quatre coins de la planète, que nous soyons une variable d’ajustement pour ceux qui parlent le plus fort et menacent de casser la vaisselle. De plus, je ne comprends pas qu’on permette de faire à la Bretagne, ce qu’on interdit à l’Alsace. Pourquoi la région ne peut pas rester seule, si c’est son souhait.

« Si la carte idéale n’existe pas, on peut essayer de s’en approcher. »

Sauf que la Lorraine ne veut pas se séparer de l’Alsace.

Oui pour le moment c’est insoluble mais je veux rester optimiste et penser que la position que je défends aboutisse.

Qu'elle est-elle justement?

La même que celle défendue par Jean-Paul Bachy : une grande région : Picardie, Champagne-Ardenne, Lorraine. Je crois en la synergie forte de ses trois régions qui ferait de nous le premier pôle français européenne en terme d’agro-ressources, le premier pôle français de sous-traitance métallurgique et mécanique, le 3e parc nucléaire, un poids lourd de la filière bois et un leader en terme de culture et diffusion artistique. Cet arc Nord-Est Picardie, Champagne-Ardenne, Lorraine, représente 5 600 000 habitants, 150 000 étudiants, 210 000 entreprises et 140 milliards de PIB (Produit intérieur brut) et offre un territoire industriel parmi les mieux structurés de France. En outre, il y aurait une cohérence géographique puisque les Ardennes sont frontaliers avec deux départements qui composent ses régions : l’Aisne et la Meuse.

Reste que la Picardie ne veut pas de nous ?

Pas toute. La Somme veut se rapprocher du Nord Pas-de-Calais ce que je comprends et l’Oise de l’Ile de France, mais l’Aisne se sent proche de nous. Pourquoi ne pas permettre à ces départements de bénéficier du droit d’option ? Aussi , j’invite tous les élus champardennais à profiter de ses deux mois avant la deuxième lecture du projet de loi par l’Assemblée à faire entendre leur voix car si la carte idéale n’existe pas, on peut essayer de s’en approcher.

Virginie Menvielle Journaliste La Semaine des Ardennes