Dans la Presse : Conseil général - Un budget de crise en 2010

Le président Benoît Huré a annoncé la couleur d'entrée : le budget 2010 du conseil général sera un budget « pour passer la période de crise ».

Journaux - Presse

Réunis depuis hier pour débattre des orientations budgétaires 2008 (la séance la plus politique de l'année, avec un grand « P », comme le fait observer le président Benoît Huré), les conseillers généraux ardennais vont devoir faire des choix sans doute douloureux et sûrement impopulaires, compte tenu d'une rigueur imposée par l'explosion des dépenses sociales et la baisse de certaines dotations de l'Etat.

Le président Huré l'a souligné d'entrée : les collectivités locales sont confrontées à la fois aux effets de la crise et à la progression majeure des charges générées par les missions de solidarité, dont il se plaît par ailleurs à rappeler qu'elles constituent le cœur de métier des conseils généraux. Cette progression est liée à la fois à la création de nouveaux dispositifs (comme la prestation de compensation du handicap) et à l'accroissement du nombre de personnes concernées par cette solidarité (on comptait 10.276 bénéficiaires du RSA au 31 décembre 2009 et selon les prévisions les plus pessimistes, il pourrait y en avoir 3.000 de plus à la fin de l'année). Dans ce contexte difficile, le président de l'exécutif ardennais a défini une feuille de route qui fixe deux priorités : le soutien au développement économique et la nécessaire solidarité aux personnes. C'est la raison pour laquelle il proposera un volume d'investissement de l'ordre de 45 millions d'euros au budget primitif 2010. Un chiffre identique à celui de 2009 si l'on fait abstraction des 20 millions d'euros supplémentaires engagés l'an dernier pour soutenir le BTP. Ce qui fait du conseil général le premier donneur d'ordres public du département.

Subventions à la baisse

Pour atteindre ces deux priorités sans alourdir la fiscalité et le recours à l'emprunt, Benoît Huré propose de geler provisoirement toute opération nouvelle (en consacrant malgré tout 1 million d'euros en faveur des opérations sur la voirie communale) et de revoir certaines subventions aux associations mais aussi aux communes et aux intercommunalités. Pour ces dernières, il a cependant émis le souhait que la solidarité soit maintenue à l'égard des territoires les plus fragiles et que les subventions soient prioritairement versées aux opérations présentant le plus d'intérêt économique. « Le conseil général ne peut pas être le seul à lever l'impôt pour aider des collectivités qui ne le lèveraient pas elles-mêmes », a ajouté le président Huré. « Il ne peut pas s'endetter pour aider des collectivités qui n'empruntent pas et il ne peut pas viser une trésorerie gérée à l'euro près pour aider des collectivités dont la trésorerie abondante resterait non utilisée ». Il faut donc plus que jamais prévoir l'avenir. Le président du conseil général l'a rappelé en reprenant à son compte une phrase chère au regretté Patrice Groff : « Nous devons être plus soucieux de la génération qui nous suit que de notre propre réélection ».

L’Etat, c’est nous

Les réactions à ce discours voulu réaliste du président ont été on s’en doute nombreuses. […] « Vous proposez un gel sur un certain nombre de politiques sans que l’on sache si c’est ponctuel ou définitif », s’est interrogé pour sa part Christophe Léonard (PS, Charleville-Centre), en faisant observer qu’il n’avait pas vu dans ces orientations budgétaires de déclinaison du Grenelle de l’environnement. « Les gels que je propose sont des gels provisoires », lui a répondu le président. […]

Bernard Giraud Journaliste L’Union L’Ardennais