Dans la Presse : Et si les salariés devenaient leur propre patron ?

Qu'est-ce qu'une Scop, une société coopérative ? À quel moment peut-on y avoir recours ? Réponses avec la sénatrice socialiste Marie-Noëlle Lienemann et Djamel Didi, directeur du Cresca.

CL RU ESS dec 2012

La création d'une société coopérative comme alternative à la fermeture ou à la reprise d'entreprise ? Force est de constater, dans le département, que cette solution n'est pas encore abordée de manière systématique lorsque les difficultés se font jour.

Afin de mieux faire connaître cette possibilité, Baptiste Touchon, secrétaire de la section du Parti socialiste Plateau de Rocroy et Thiérache, a organisé une réunion d'information à la salle Saint-Nicolas, à Rocroy, en présence de la sénatrice socialiste Marie-Noëlle Lienemann, Djamel Didi, directeur du Cresca (chambre régionale économique et sociale de Champagne-Ardenne) et du député Christophe Léonard.

S'appuyant sur la récente analyse de la situation des coopératives en France, réalisée par le groupe de travail sur l'économie sociale et solidaire dont elle est le rapporteur, la sénatrice a expliqué en quoi consiste une société coopérative et surtout comment elle peut être un atout pour le redressement économique.

« C'est une fantastique opportunité. L'effort coopératif est de plus en plus apprécié par les salariés parce qu'ils ne sont plus seulement des pions dans l'entreprise mais des acteurs de l'entreprise. Ils sont copropriétaires de l'entreprise dans la durée puisqu'elle est transmise aux jeunes générations. C'est un patrimoine d'intérêt général, un bien commun indivisible. Elle ne s'oppose pas aux autres stratégies industrielles mais elle est un pilier », a-t-elle déclaré.

Ce rapport devrait d'ailleurs être examiné par le Parlement lors d'une prochaine session.

Marie-Noëlle Lienemann a également plaidé pour la création en France d'un fonds de développement coopératif, qui serait inspiré du modèle italien.

« Une structure d'avenir »

Djamle Didi, quant à lui, a indiqué que l'économie solidaire et sociale est un « axe fort du conseil régional depuis 2004 et plus particulièrement sur le volet coopératif », rappelant le dispositif déjà en place comme la banque coopérative Champagne Ardenne Active, la bourse émergence ou encore la plateforme de formation du Cres.

Enfin, le député a félicité Baptiste Touchon pour cette initiative et souligné : « C'est une forme d'entrepreunariat moderne où les salariés ont voix au chapitre. Cela me semble une structure d'avenir en ce sens qu'il y a une obligation de mettre les bénéfices en réserve et qu'elle apporte une juste rémunération pour les salariés. »

S'en sont suivies des interventions du public, faisant partager leur expérience plutôt positive, ce fut le cas de Roland Thibeaux, ou de Jérôme, un représentant de la Scop fonderie Rollinger à Nouvion-sur-Meuse.

Successivement, Joël Dujeux et Alain Lambert ont tous deux exprimé leur intérêt pour ce dispositif tout en regrettant qu'il ne soit pas plus connu.

A signaler, parmi l'assistance, était également présent Miguel Vassaux, délégué syndical Electrolux. Même si, comme le martelait dernièrement Lysian Fagis, la Scop, ils « n'en sont pas là » (voir nos éditions du 5 décembre), elle pourrait, néanmoins, être examinée de plus près si le projet ARdennES n'aboutissait pas.

La réunion s'est achevée avec des questions d'ordre plus général sur le cumul retraite-salaire notamment.

Céline Souhami Journaliste L’Union L’Ardennais