Dans la Presse : Fiscalité - les taux augmenteront de 4 %

Benoît Huré a proposé hier matin une progression des taux de la fiscalité directe de 4 %. Soit une hausse inférieure à la moyenne des départements. L'opposition a voté contre.

Journaux - Presse

Une augmentation de 2 % des taux était nécessaire pour équilibrer le budget. Le président Benoît Huré a proposé hier de la porter à 4 %. Pour deux raisons : être en mesure de répondre à d'éventuels dérapages en matière de dépense sociale et poursuivre le plan de relance économique par l'investissement en limitant le recours à l'emprunt.

Pour Jean-François Leclet (Novion-Porcien), il s'agit là d'une politique « sage, d'arbitrage, entre la fiscalité que nous devons prélever aujourd'hui et l'emprunt que nous ne devrons pas prélever demain ».

Président du groupe d'opposition, Didier Herbillon (Sedan-Est) ne l'entend évidemment pas de cette oreille. « Nous sommes étonnés que vous soyez sourd aux revendications de vos concitoyens qui réclament une augmentation de leur pouvoir d'achat. Depuis quatre ans, la fiscalité départementale ne cesse d'augmenter. Est-il possible d'être combatif face à la crise économique et solidaire de ceux qui souffrent ? Nous répondons oui. »

Et pour y parvenir, le maire de Sedan a proposé de différer certaines dépenses (crédits d'études pour l'implantation d'un EPR à Chooz, musée de Novion-Porcien) ou encore d'économiser 300.000 euros sur le budget de la communication.

Christophe Léonard (Charleville centre) croit lui aussi qu'une autre politique est possible. Et comme Pierre Pandini (Mézières centre-ouest) l'avait fait avant lui, il a dénoncé hier matin la faiblesse des mesures annoncées pour notre département, dans le cadre du plan de relance du gouvernement.

Un gouvernement, qui, selon lui, « détricote un à un tous les mécanismes de solidarité et de redistribution, tel que l'impôt progressif sur les revenus, au détriment des impôts locaux, dont on reconnaît unanimement le caractère particulièrement injuste ».

Réplique de Benoît Huré : « Ce sont des propos que j'entends dans d'autres enceintes. Je parle du Parlement. Peut-être en rêvez-vous ? »

Concernant le plan de relance de l'Etat, le président du conseil général a fait observer qu'il fallait y ajouter les 250 millions dont les Ardennes ont déjà bénéficié, dans le cadre du contrat de développement économique. S'adressant ensuite à Didier Herbillon, il a rappelé que la fiscalité, c'était la mutualisation des moyens. « La fiscalité qu'on rajoute, ce ne sont pas ceux qui sont destinataires de nos politiques sociales qui vont la payer le plus », a indiqué le chef de l'exécutif ardennais.

En précisant que la hausse moyenne de la fiscalité, pour les départements ayant déjà voté leurs taux, était de 4,58 % et même légèrement supérieure pour les seuls départements de gauche.

« Mon discours n'était pas idéologique », a corrigé Didier Herbillon. « Nous étions venus avec un esprit constructif, avec la volonté de faire des propositions permettant de prendre en compte la souffrance des Ardennais. » « A vous entendre, vous avez le monopole du cœur », a répondu Benoît Huré, en précisant toutefois que les choix, en matière d'investissement, étaient encore susceptibles d'évoluer au gré des prochaines décisions modificatives.

Les onze conseillers de l'opposition, malgré tout, ont voté contre cette hausse de 4 %.

« Cette augmentation de la fiscalité, il va falloir beaucoup de pédagogie pour l'expliquer dans nos territoires », avait confié Jean-François Leclet en début de séance. Visiblement, il avait vu juste.

Bernard Giraud Journaliste L’Union L’Ardennais