Dans la Presse : L’auto-école associative débarque à Revin

L’association Assim-il existe depuis 2012 ; En juin 2013, elle ouvrait sa première auto-école associative à Charleville. Presqu’un an jour pour jour, elle en ouvre une seconde à Revin.

CL inauguration Assim-il

Tout le monde connait le cercle vicieux du : pour travailler il faut le permis, pour passer le permis, il faut travailler. L’association Assim-il essaye d’y remédier. Créée en 2012, elle a pour objectif de développer l’accès à l’insertion sociale et professionnelle des publics grâce à ce fameux permis de conduire. Les bénéficiaires sont des personnes âgées de 18 ans minimum et qui sont déjà intégrer dans un parcours d’insertion professionnelle. Ils sont orientés vers l’association par les partenaires opérationnels de cette dernière : Pôle emploi, la mission locale, les centres sociaux, les référents PLIE (Plan local d’insertion par l’emploi) et RSA (Revenu de solidarité active), les chantiers d’insertions, les CCAS (Centre communal d’action social) et Nouzon’vie. Le but premier étant de détruire ce handicap qu’est l’absence de permis de conduire dans la recherche d’emploi. Assim-il est financé par des fonds sociaux mais également régionaux.

Ce mois-ci, l’association a donc ouvert sa seconde auto-école dans les locaux Porcher, à Revin. Virginie Fourgon explique : « Nous avons eu un bon appui politique qui nous a permis d’ouvrir ce second site. Ce sont des projets qui plaisent assez. La mobilité dans une ville comme Revin, c’est important. Sans permis, c’est compliqué. »

« Le but est bien sûr qu’ils obtiennent le permis le plus rapidement possible. »

Le jour de l’inauguration, il y a quelques jours, tous les partenaires opérationnels étaient présents et Virginie tient à rappeler que « tous les politique se sont investis et si on existe, c’est parce qu’ils ont collaboré ». Du haut de ses deux ans d’existence, l’auto-école associative peut déjà se vanter d’avoir aidé 46 bénéficiaires sur ses deux sites réunis. Parmi eux, 19 ont obtenu leur code et sept leur permis. Pour les aidés, deux moniteurs sont présents à chaque étape, que ce soit pour le code ou la conduite. « Nous avons un public composé à 56% de femmes, explique la directrice. Elles veulent généralement entrer dans le service à la personne et pour ce genre d’emploi, le permis est obligatoire. » Les bénéficiaires s’acquittent d’un forfait selon leur moyens. Ceux qui perçoivent le RSA doivent par exemple verser 200€. Ils ont également l’obligation de suivre au moins un cours par semaine sous peine d’être exclu du dispositif. Chaque personne est toujours accompagnée, notamment durant les cours de code. Ces derniers durent en général deux heures contre 45 minutes en moyenne dans les autres auto-écoles. « Le but, souligne Virginie, est bien sûr qu’ils obtiennent le permis le plus rapidement possible. »

Il leur faudra en moyenne une année pour décrocher le graal bien qu’ils devront suivre une quinzaine d’heure de conduite de plus que la normale. Pour rejoindre le programme, il ne suffit pas de se présenter, « nous les recevons au préalablement, raconte la directrice, et nous leur faisons passer un entretien. Pour nous, c’est surtout la motivation qui prime. Nous essayons de voir qui la personne n’a pas trop de difficultés, le but n’étant pas de les mener vers un échec. Si c’est le cas, les dirigeons vers des centres de remises à niveau et nous les invitons à revenir nous voir ensuite. » Une fois dans le cursus, les bénéficiaires sont suivis de très près, au cas par cas. « Nous les menons même passer l’examen du code afin de leur éviter trop de stress », précise Virginie. Mais attention, que ce soit pour le code de la route ou pour la conduite, les épreuves sont les mêmes que pour les candidats des auto-écoles basiques. Il n’y a pas de traitement de faveur à espérer, les règles sont les mêmes pour tous ! Quand on lui demande si on peut se donner rendez-vous l’année prochaine pour une nouvelle inauguration, la directrice sourit : « Il faut déjà pérenniser les deux premières », mais il y a fort à parier que l’on retrouvera bientôt assim-il dans une autre ville ardennaise.

Doriane Accadblet Journaliste La Semaine des Ardennes