Dans la Presse : L'heure est à la prudence

Comme 2010, l'année 2011 sera placée sous le signe de la transition et de la prudence pour le département.

Journaux - Presse

« Tout concourt à faire de l'année 2011 et du budget départemental une nouvelle période de transition et d'extrême prudence, en l'absence de perspectives de progression des recettes. » En ouvrant le débat d'orientations budgétaires, hier matin, le président Benoît Huré (UMP, Signy-le-Petit) a donné le ton de ce que seront les grandes lignes du budget du conseil général pour 2011. En expliquant qu'il faut désormais faire avec un État confronté à la nécessité de réduire impérativement la dette de la Nation et donc incapable d'assurer comme par le passé la redistribution vers les collectivités de ressources croissantes. Et quand on sait que plus de 60 % des recettes de fonctionnement du conseil général dépendent de l'État, l'appel à la prudence est facile à comprendre. D'autant qu'à cela, s'ajoute la très forte augmentation des dépenses de solidarité.

Schéma

Pour autant, dans ce ciel financier bien gris, une petite embellie pourrait néanmoins apparaître, avec les propositions du rapport Jamet, attendues dans les prochaines semaines. Dès décembre 2009 en effet, Benoît Huré avait fait état des difficultés particulières du département des Ardennes auprès du Premier Ministre afin de solliciter un soutien exceptionnel de l'État.

« La singularité de la situation ardennaise, particulièrement fragile, a été reconnue », a-t-il indiqué hier, en précisant que deux autres départements, la Corrèze et le Cher, pourraient également bénéficier de cette mission d'appui.

Pour le budget 2011, le président Huré a donc appelé à relever « le double défi du versement des aides de solidarité, tout en maintenant l'essentiel des actions volontaires, en particulier au titre des investissements, qui confortent la relance économique et l'emploi local ».

Ces dépenses de solidarité sont estimées à 151 millions d'euros hors frais de personnel. Les collèges et la voirie départementale figureront également parmi les priorités, tout comme les politiques de soutien au développement économique et à la création d'emplois et l'aide aux collectivités communales et intercommunales.

Au nom du groupe PS et divers gauche, Christophe Léonard (PS, Charleville-centre) a reconnu que l'exercice consistant à élaborer le budget 2011 était ardu.

Pour cinq raisons majeures selon lui : le déclin démographique, un taux de chômage supérieur de deux points à la moyenne nationale, une vague de désindustrialisation sans précédent, la non-compensation financière, par l'État, des compétences transférées et enfin la réforme de la taxe professionnelle.

Une situation fortement dégradée donc, qu'il impute au gouvernement mais aussi aux choix politiques opérés année après année par la majorité du conseil général.

D'où sa proposition de définir un schéma directeur départemental de développement économique autour des intercommunalités pour les dix ans à venir.

Bernard Giraud Journaliste L’Union L’Ardennais