Dans la Presse : La procédure de fermeture de l’usine KME est lancée

Les syndicalistes, parmi lesquels le représentant CFDT Rachid Belkebir, ont organisé trois réunions pour informer les salariés.

Les 280 salariés ont appris hier après-midi la mise en place d’une procédure de fermeture du site ardennais de l’entreprise KME, spécialisée dans la fabrication de tubes en cuivre.

23 06 15 annonce fermeture KME

« On l’attendait. Pas avec impatience parce que c’est une catastrophe, mais on savait que ça arriverait. » L’information est tombée hier. Les syndicats ont enchaîné une bonne partie de l’après-midi et en soirée les réunions d’information avec les salariés de l’entreprise KME, spécialisée dans la fabrication de tubes en cuivre. Un comité central d’entreprise extraordinaire se tiendra le 7 juillet à Courbevoie avec à l’ordre du jour, notamment, le projet de réorganisation de la société KME France SAS « incluant le projet de fermeture de l’établissement de Givet ».

Alors la situation est claire : la première étape de la procédure de fermeture du site est en marche, avec un arrêt de la production programmé pour le premier trimestre 2016. « Le nouveau PDG embauché nous conforte dans l’idée que le groupe veut se débarrasser du site de Givet-Fromelennes », lâche Rachid Belkebir.

« ON SE BATTRA JUSQU’AU BOUT »

Pour autant, le porte-parole de l’intersyndicale ne se veut pas alarmiste. « On y croit toujours et on se battra jusqu’au bout. » Les espoirs se tournent à présent vers un rachat de l’usine. Parce qu’avec la mise en place de la loi Florange, KME France a l’obligation de chercher activement un repreneur.

« Depuis plusieurs mois, ils ont la possibilité d’en trouver un. Il y a eu au moins deux tentatives qui ont échoué faute d’accord financier, relève le député socialiste Christophe Léonard.
La question est de savoir si KME France a réellement envie de trouver un repreneur pour ce site, ce qui signerait l’arrivée d’une concurrence avec tout le savoir-faire et l’expérience des salariés de la Pointe. »

Alors, pour l’élu les choses sont évidentes : « Il faut tout faire pour créer un environnement propice à la reprise du site. Il ne faut pas qu’ils mettent un prix et des conditions inacceptables. »

Si aucune solution de reprise n’est trouvée, l’autre étape sera celle de la réindustrialisation. « Et si rien de tout ça n’aboutit, on se dirigera vers la fermeture définitive, complète Rachid Belkebir. Ce qui remettrait en cause la filière cuivre en France. »

Si tel était le cas, « la volonté du gouvernement sera d’être intransigeant sur le coût de la dépollution du site. KME France devra rendre un terrain sur lequel il sera possible d’installer une crèche (la plus haute étape de dépollution, ndlr) », prévient Christophe Léonard avant d’ajouter : « J’ai eu le cabinet du ministre Emmanuel Macron en début d’après-midi et il a la volonté de rencontrer l’actionnaire de KME pour voir concrètement dans les jours qui viennent quelle est la réelle volonté par rapport à ce site de Givet-Fromelennes. »
La direction de KME France se montre quant à elle discrète concernant les annonces faites hier : « Il y a une procédure de réorganisation et la primeur va aux représentants syndicaux. Il y a des délais légaux à respecter. »

Les réunions vont s’enchaîner pour les syndicats au cours des prochaines semaines. « Nous allons faire des assemblées générales régulièrement à l’issue des différentes rencontres, et en fonction de l’état d’avancement on verra quelles sont nos positions collectives sur le projet, avance Rachid Belkebir. C’est l’ensemble de l’usine qui est concerné. À ce titre, il faut qu’on soit solidaires sur la démarche qui nous est présentée. »

Mélanie Demarest Journaliste L’Union-L’Ardennais – 24 06 2015