Dans la Presse : Laboratoire départemental d'analyses - Des élus montent au front

Sous la pression des élus de gauche, le sujet pourrait revenir à l'ordre du jour de l'assemblée départementale. Le point sur ce dossier sensible.

laboratoire départemental d'analyses

Le groupe socialiste et divers gauche du conseil général a trouvé son angle d'attaque pour la prochaine rentrée politique. Huit membres du groupe* viennent d'envoyer un courrier à Benoît Huré pour solliciter la création d'une mission d'information et d'évaluation sur le laboratoire départemental d'analyses, basé dans le parc du château d'Hagnicourt depuis 1994.

Le 20 juin dernier à l'occasion du débat préalable à l'examen du budget supplémentaire, Christophe Léonard avait déjà attiré l'attention de l'assemblée sur ce service qui avait subi un déficit de fonctionnement de près de 120 000 euros. Soit un déficit cumulé de… 1 700 000 euros !

De l'eau dans le gaz

Lassés d'avoir sollicité à plusieurs reprises la réalisation d'un audit et d'une étude comparative des tarifs pratiqués et faute de réponse sur le sujet, les élus de gauche décident donc de monter au créneau.

« Conformément aux dispositions de l'article 53 du règlement intérieur de la collectivité, nous avons saisi officiellement, le 24 juin, le président du conseil général afin d'étudier notre requête et de pouvoir débattre de cette question d'intérêt départemental lors de la prochaine session des 26 et 27 septembre », confirme le conseiller général de Charleville centre qui estime que l'assemblée devra obligatoirement délibérer sur la demande formulée.

Alors que le 11 mars 2010, lors d'une conférence de presse, l'ensemble du groupe d'opposition avait dénoncé « le maintien en coma artificiel » de cet équipement, il a enfoncé le clou, le 20 juin dernier, en s'abstenant de voter sur le budget du laboratoire départemental d'analyses. En posant au passage plusieurs questions : « Quelle est la plus-value apportée par ce laboratoire dans le département ? ». « Sur un marché fortement concurrentiel, les performances de notre laboratoire sont-elles compétitives ? ». « Est-il pertinent de garder cet équipement ? ». A l'époque, on a même appris que treize employés du laboratoire (une vingtaine reste sur place) avaient fait l'objet d'« un reclassement silencieux dans d'autres services départementaux ».

Dégraissage dû au fait que, depuis janvier 2010, la structure départementale ne propose ses offres de services que dans quatre domaines de compétences : la santé animale (prophylaxie des maladies), l'hygiène alimentaire (contrôle de la restauration collective), la qualité de l'eau (lutte contre les légionelles) et la route et le génie civil (analyse des liants).

L'antenne a, en effet, perdu son activité principale : le marché du service de l'eau de « loisirs » (piscines, étangs, lacs) et de consommation (celle qui sort de nos robinets).

Ce domaine n'est plus du ressort des Ardennes. Un coup dur. Ce créneau désormais soumis à concurrence et qui représentait tout de même plus du tiers de l'activité du laboratoire territorial (400 000 euros environ) est maintenant de la responsabilité de l'Institut Pasteur de Lille.

Une fondation reconnue d'utilité publique, créée en 1894, employant environ 700 salariés et disposant de 35.000 m2 de laboratoires. Autant dire qu'Hagnicourt ne pesait pas lourd face à une telle concurrence…

(*) Les huit signataires sont : Jacques Morlacchi (conseiller général du Chesne), Dominique Ruelle (Revin), Christophe Léonard (Charleville-Centre), Gérard Drumel (Renwez), Rachelle Louis (Sedan-Nord), Christian Apotheloz (Sedan-Est), Bruno François (Mézières-Est) et Benoît Sonnet (Fumay).

Pascal REMY Journaliste l’Union l’Ardennais