Dans la Presse : Le budget 2013 adopté sans l'opposition

Le budget primitif 2013 a été adopté hier sans les voix de l'opposition. Qui a justifié son vote comme étant un « non de combat ».

TGV gare Charleville mézières

«C'est un vote de cohérence politique », a expliqué, hors séance, Christophe Léonard (PS, Charleville-centre). Hier, le président du groupe PS et divers gauche a voté contre le budget primitif 2013, tout comme les autres membres de son groupe et comme Pierre Pandini (divers gauche, Mézières centre-ouest), tandis que Véronique Duru (sans étiquette, Raucourt) choisissait l'abstention.

« Ce n'est pas un non de combat, nous ne sommes pas en guerre », a expliqué le porte-parole de l'opposition. « C'est un non fondé sur un certain nombre d'appréciations. Les membres du groupe ont leur libre arbitre et leur liberté de conscience ». Christophe Léonard a relevé également que la ville de Charleville-Mézières et la Région « avaient copieusement nourri les discussions au cours de ces trois jours ». Une manière euphémique de dénoncer les charges de la majorité départementale à l'encontre de ces deux collectivités.

« On a parlé beaucoup de la Région et de Charleville-Mézières mais on a parlé aussi beaucoup du fonds départemental de péréquation de la taxe professionnelle », a répondu Pierre Cordier (divers droite, Nouzonville). « Lors des orientations budgétaires, j'avais senti que l'opposition était dans une démarche plus constructive. Mais les maires de Charleville-Mézières et de Sedan n'ont pas apprécié votre vote, sur ce fonds départemental, et vous avez des gages à leur donner. Je trouve un peu dommage que nous ayons répondu à des souhaits qui étaient les vôtres et de s'entendre dire aujourd'hui que ça ne va pas assez loin ».

Marc Laménie (UMP, Tourteron) a trouvé ce budget 2013 « réaliste et raisonnable ». Le président Benoît Huré (UMP, Signy-le-Petit) l'a qualifié quant à lui d'audacieux en terme d'investissement (77 millions d'euros contre 45 millions d'euros en 2012).

Unanimité pour le TGV

« Ces investissements renforcent l'attractivité de notre département dont je ne désespère pas qu'il puisse être un lieu de destination pour les entreprises, et notamment pour les entreprises d'Europe du Nord qui sont sur des territoires saturés », a souligné le patron de l'exécutif départemental, avant d'inviter les élus de l'opposition à « s'affranchir des apparatchiks ».

Adopté avec les seules voix de la majorité, ce budget 2013, qui s'équilibre à un peu plus de 435 millions d'euros, a cependant réuni majorité et opposition sur plusieurs décisions. Comme celle consistant à suspendre le financement de la ligne à grande vitesse entre Baudrecourt (Moselle) et Vendenheim (Bas-Rhin).

« C'est la mort dans l'âme que je vous propose la suspension de ce financement, mais à un moment, il faut faire passer des messages », a expliqué Benoît Huré. « Tant que la desserte TGV des Ardennes ne sera pas revenue au niveau qu'on est en droit d'attendre, je suspendrai notre participation au financement de cette ligne TGV ». Une proposition qui a recueilli l'unanimité de l'assemblée départementale, tout comme celle concernant la modernisation de la ligne Charleville-Givet.

« C'est vrai qu'on n'a rien à faire sur le réseau ferré entre Charleville et Givet et pourtant on y a mis 5 millions d'euros », a indiqué le président du conseil général, qui a dit ne pas accepter que le conseil régional refuse de participer au financement.

Bernard Giraud Journaliste L’Union L’Ardennais