Dans la Presse : Le département dit non au déclin économique et démographique

Dur pour le département de poursuivre une politique d’investissements ambitieuse dans un contexte social qui lui coûte de plus en plus cher.

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Les conseillers généraux s'emploient, depuis lundi, à présenter un budget qui permette de lutter contre le déclin économique et démographique, le tout sur fond de rigueur financière et de bataille politique.

La première journée de la session budgétaire du conseil général a débuté inévitablement par une passe d'armes entre majorité et opposition, notamment entre le président Benoît Huré et Christophe Léonard, élu du canton de Charleville-centre et député socialiste. L'objet du litige est bien sûr la nouvelle carte cantonale, en particulier la méthode pour y parvenir, hautement contestée par la droite. Le président du conseil général a accusé le gouvernement d'avoir concocté une « réforme arbitraire qui va condamner la ruralité ».

Rien de tel mardi après-midi, le député socialiste n’étant d'ailleurs pas présent.

Lundi, après les joutes politiques, les élus avaient abordé le premier axe de la politique départementale, intitulé « un avenir pour tous les jeunes ardennais » regroupant les questions de protection maternelle et infantile, la protection de l'enfance et les contrats jeunes majeurs, l'éducation et les transports scolaires. Ils avaient ensuite commencé le débat sur le soutien aux acteurs économiques, pour favoriser l'emploi, la promotion du territoire, incluant le revenu de solidarité active, l'agriculture, le laboratoire départemental d'analyses, les actions à l'étranger.

Le tourisme fait débat

La session s'est poursuivie mardi avec le développement touristique, qui a entraîné un débat de plus de 1 h 30. Au cœur du sujet, la question du devenir du site des Poursaudes, des campings de Bairon et d'Haulmé que le département souhaite céder. Benoît Huré a expliqué que Bairon n'ouvrirait pas au printemps prochain si une nouvelle structure ne prenait pas le relais. Les élus s'interrogent sur le devenir de ces bases.

Joseph Afribo (Rethel) a demandé un vote séparé sur la voie verte. Le coût de son prolongement entre Montcy-Notre-Dame et le département de la Meuse, de près de 6,7 millions d'euros, dont 3,5 millions à la charge de la collectivité, inquiète certains conseillers, de droite comme de gauche. Trois élus ont voté contre et trois autres se sont abstenus sur le sujet.

L'axe III, « un département riche de sa nature et de son patrimoine », confirme la réouverture du musée Guerre et Paix en septembre 2015, sous réserve de la résolution des problèmes de toiture et de charpente en 2014, une nouvelle expertise étant encore en vue. Cet investissement de près de 3 millions d'euros suscitent le scepticisme. Sur ce dossier, Joseph Afribo a voté contre, l'opposition s'est abstenue.

La solidarité, 4e axe de la collectivité, regroupe toutes les actions en direction des personnes âgées et handicapées. Le sujet et les difficultés de financement qui vont avec, font une quasi-unanimité. Pierre Cordier (Nouzonville), s'est félicité de la mise en place d'une aide aux collectivités pour la mise aux normes d'accessibilité des équipements publics. Le budget 2014 répond donc, cette année encore, a de grandes contraintes. « Les dotations de l'Etat sont en baisse et celle-ci se poursuivra pendant encore trois ans » a rappelé le président. Si les revenus sont en baisse, les charges, dans un département en crise, sont en elles en hausse. Les dépenses d'aide sociale représente 164 millions d'euros, hors frais de personnel, en progression de 7,63 % par rapport à 2013, avec notamment 8596 foyers bénéficiaires du RSA au 30 juin (+6,12%).

Les principaux points

En dépit de contraintes financières, le conseil général a décidé d’investir pour l’avenir en 2014. Telle est l’annonce faite par le président de cette assemblée, Benoît Huré.

Pour ce faire, il aura recours à 42 millions d’emprunts.

Hors dettes et opérations financières, les dépenses d’investissement représenteront une somme de 80 millions d’euros.

Le conseil général chiffre 20 millions en recettes provenant de compensations supplémentaires de l’Etat. Les investissements les plus importants sont pour les travaux sur le réseau routier départemental : 13 millions d’euros.

Les travaux dans les collèges incluant le site scolaire d’Attigny : 12, 5 millions d’euros. L’autoroute A 304 : 10, 7 millions d’euros.

La construction des casernes de gendarmerie de Rethel, Renwez et Signy-le-Petit : 10, 5 millions d’euros et l’action en faveur du développement économique et touristique : 10 millions d’euros.

Redécoupage de la carte cantonale, réforme du bassin d’emploi à redynamiser (BER), hausse des dépenses sociales se sont par ailleurs immiscés dans les débats sur le budget primitif. « Ce découpage cantonal impose un choix de développement. C’est une réforme arbitraire qui condamne la ruralité. C’est le fait du prince », a fustigé Benoît Huré, président du conseil général. « C’est un budget d’austérité (…). On devient les otages de politiques nationales austéritaires », a ajouté Pierre Pandini (Divers Gauche).

« Les débats portent exclusivement sur le budget primitif 2014 et non sur la carte cantonale », a essayé de faire prévaloir Christophe Léonard, (PS) en soulevant un concert de huées.

« Vous feriez mieux de vous occuper de la misère au lieu de faire des découpages au ministère de l’Intérieur », a dit d’un ton cinglant Pierre Cordier, élu DVD.

Après les débats, les élus ont examiné un à un les différents rapports.

Les débats sur le budget primitif devraient prendre fin demain.

Mirko Spasic Journaliste L’Union l’Ardennais