Dans la Presse : Le département doit concilier ressources en baisse et charges en hausse

Les dépenses sociales du département ne cessent de croître et la contribution de l'Etat sera en baisse en 2014. L'avenir est incertain.

Travaux A304

LE débat qui s'est ouvert, hier, au conseil général est rempli d'incertitudes. Sur le plan financier d'abord, il se heurte à une contrainte qui s'apparente à une mission impossible : comment concilier une augmentation inéluctable des dépenses de la collectivité, en raison notamment de la hausse des dépenses sociales et des trois allocations à la charge du département (revenu de solidarité active, allocation personnalisée d'autonomie, prestation de compensation du handicap) et la baisse significative des dotations de l'Etat avec une réduction du montant de la dotation globale de fonctionnement de 2 millions d'euros.

Sur le plan institutionnel ensuite, le conseil général est dans l'attente de la réforme de son statut. « Nous n'avons aucune information sur le redécoupage cantonal » explique Benoît Huré, qui défend évidemment la pertinence du niveau départemental, rappelant que le conseil général des Ardennes avaient été là lorsque l'Etat a eu besoin de lui dans le cadre des grands projets structurants, autoroute ou ligne à grande vitesse.

L'incertitude est d'autant plus grande que 2014 est une année électorale. Ce qui s'est traduit par une première matinée très politique, constituée de passes d'armes successives entre le président Benoît Huré et le député Christophe Léonard, puis entre ce même élu et Boris Ravignon, chef de file de l'opposition municipale pour les prochaines élections municipales carolomacériennes.

« Pour 2014, les dépenses d'aide sociale légale devraient augmenter de 6,35 %, atteignant 167 millions d'euros, hors frais de personnel », a expliqué le président Huré dans son discours introductif. « Les crédits à inscrire pour les seules allocations de solidarité progressent de 9,5 % par rapport à 2013, 14 % pour le seul RSA ». L'exercice budgétaire s'avère d'autant plus délicat que Benoît Huré se refuse, « pour la 4e année consécutive », d'envisager « une hausse de la fiscalité locale, compte tenu du contexte actuel et de l'augmentation de la pression fiscale nationale ». Pour lui, nul doute, « la préparation du budget 2014 devra donner lieu à des arbitrages conséquents ». Il s'engage toutefois à consacrer plus de 80 millions d'euros aux investissements.

À gauche, la critique est très vive. Pierre Pandini (Mézières Centre-Ouest) note que « l'épargne nette du département est en baisse pour la 3e fois. N'est-ce pas tromper nos concitoyens de dire que l'on peut tenir 6 axes de développement ? »

Christophe Léonard (Charleville-Centre) s'interroge : « Quoi penser de ce débat d'OB ?… Que l'on y trouve ni débat, ni orientations budgétaires ». Le ton pré-électoral était ainsi donné. Parlant d'un « département en pleine panade financière », il juge que le « programme d'investissements est impossible à tenir » et que ce débat relève du « désert programmatique », avant de défendre les axes de son groupe : transparence, cohérence, stratégie d'avenir et priorité donnée à l'emploi. A l'issue de ce long préambule, la discussion de tous les points du dossier a pu commencer, mardi après-midi.

Mirko Spasic Journaliste L’Ardennais