Dans la Presse : Le député Christophe Léonard a relancé l’affaire Thomé-Génot

Un premier procès en 2009 avait condamné Willis et Zickfeld à cinq ans de prison et plusieurs millions de dommages et intérêts, le député Léonard tente de faire enfin appliquer le jugement.

CL Thomé Génot

Six ans ce sont écoulés depuis le jugement du procès Thomé-Génot en 2009, pourtant la peine n’est toujours pas appliquée à l’encontre des dirigeants de Catalina, Willis et Zickfeld, les repreneurs. Le député Christophe Léonard, a obtenu un nouveau procès du parquet de Reims qui se déroulera le 6 février prochain, avec l’espoir que le jugement sera, cette fois, bel et bine exécuté.

Un combat de plusieurs années

« Le point de départ a été une réflexion sur la justice en général, suite à des incidents auxquels j’ai assisté. Il est inacceptable qu’il puisse y avoir deux poids, deux mesures dans le domaine judiciaire, selon que vous soyez puissant ou misérable », indique Christophe Léonard. Dès le 25 juin 2013, le député a alors interpellé par écrit la Garde des Sceaux et sollicité des rendez-vous au cabinet de la ministre de la Justice. Au terme des démarches et échanges intervenus, l’élu comprend que le jugement rendu en 2009 par le parquet de Reims ne pourra « jamais être appliqué ».

« Je préfère un jugement qui s’applique, même plus clément, qu’un jugement sévère qui ne sert à rien. »

En effet, une incompatibilité des systèmes judiciaires Français et américains empêche Willis et Zickfeld d’être extradés, puisqu’ils n’étaient pas présents au procès et qu’ils n’ont pas pu se défendre. « Les citations à comparaitre n’avaient pas été délivrées, aux yeux de la loi, ils ont pu ne pas avoir connaissance du procès », explique le député. Est-ce que les dirigeants seront présents lors de l’audience du 6 février 2015 ? Là n’est pas le problème, désormais, « tout est remis dans le droit chemin », affirme Christophe Léonard.

Donc, quelque soit le jugement prochain, Willis et Zickfeld ne pourront plus « se cacher » derrière les points de règlement. « Les mêmes causes devraient appliquer les mêmes effets… Quoiqu’il en soit, je préfère un jugement qui s’applique, même plus clément, qu’un jugement sévère qui ne sert à rien »

Coup politique ou réelles bonne intentions ?

Hasard du calendrier ou pas, certaines personnes soulignent que le combat du député est davantage mené à des fins politiques. A ceux -là Christophe Léonard répond : «Ceux qui disent ça aujourd’hui étaient les premiers à attendre l’application de la peine en 2009 ! Je suis député depuis 2012, j’ai commencé en 2013 à m’intéresser à l’affaire Thomé-Génot. Si c’est uniquement en vue des élections alors on ne fait plus rien. En France il y en a tous les deux ans ! »

Le député rappelle également que Nouzonville faisant partie de sa circonscription, ce combat lui paraît assez à propos. « En tant que parlementaire, il est de mon devoir de redonner confiance envers les institutions. Il faut que la justice soit le même pour tout le monde », rappelle-t-il. Dans cette affaire, il faut aussi rappeler que Catalina a été condamné à verser 3,5 millions d’euros de dommages et intérêts au Conseil général des Ardennes, ainsi qu’à la Grande agglo. Une somme qui, si elle est reconduite par le tribunal de Reims et payée par la société américaine, ne serait pas de trop en ces temps de crise.

« L’appellation de "patron-voyou" est née ici, dans les Ardennes, suite à cette affaire. Le minimum que nous puissions faire est que la justice soit rendue, afin de pouvoir tourner la page », conclut Christophe Léonard. Et peut-être que les ouvriers touchés lors de la fermeture de Thomé-Génot se sentiraient plus léger.

Alexandre Haute-Pottier Journaliste La Semaine des Ardennes – 29 01 2015