Dans la presse : Le député Christophe Léonard, candidat en 2017

«C’est un honneur d’être député et de servir la France, le département, la circonscription.»

13 12 16 Ce sera moi ou le FN image

Quel bilan faites-vous de votre mandat ?

Du travail, du travail et du travail. J’ai bossé comme un dingue. Il y a aussi une forme de frustration, entre les montagnes qu’on aimerait soulever et les contraintes du parlementaire. Contrairement à ce que beaucoup pensent, malgré mes quatre collaborateurs, nos moyens sont faibles par rapport aux attentes très fortes des citoyens. Je suis d’ailleurs favorable à une baisse du nombre de députés (577, ndlr), et une augmentation de leurs moyens, comme aux États-Unis. Cela nous permettrait de moins subir l’inégalité vis-à-vis de la haute administration, qui est plus puissante alors qu’elle n’a pas été élue.

Pourtant, après avoir reçu 80 % des suffrages des socialistes, vous êtes à nouveau candidat.

Oui, car les choses évoluent. On le voit à travers les primaires, à gauche comme à droite : il y a une volonté du peuple de reprendre son destin en main. Au terme de ce mandat, je pense avoir été fidèle à ce que je suis, et ce pour quoi on m’a fait confiance et élu. Mon objectif, pour 2017-2022, c’est de continuer à servir. La politique reste une passion pour moi, pas un métier. Je ne suis pas là pour faire carrière, mais pour servir mon pays, mon département, ma circonscription, et pour respecter mes valeurs.

Celles qui vous ont fait rejoindre, très tôt, le rang des frondeurs ?

Les « frondeurs » sont nés après la déroute de la gauche aux municipales, en 2014. Dès octobre 2012, j’avais titré la sonnette d’alarme, en votant contre le TSCG (traité de stabilité européen, ndlr), que François Hollande s’était engagé à renégocier, ce qui n’a pas été fait. Puis j’ai voté contre la loi de sécurisation du travail, la réforme des retraites, la loi sur la déchéance de nationalité, etc. Mais tout le quinquennat de François Hollande n’est pas à jeter avec l’eau du bain. Ma boussole, ça a toujours été le discours du Bourget, qui lui a permis d’être élu. Mon autre boussole, ce sont mes engagements envers les électeurs de la 2 ecirconscription si particulière des Ardennes.

C’est-à-dire ?

C’est la seule de gauche de Champagne-Ardenne, car c’est une terre ouvrière. Ici, on sait ce que c’est que travailler dur et on respecte le travail. Je suis dans cet héritage-là. Je ne peux pas voter des lois contre ces valeurs, contre les travailleurs, contre la classe ouvrière. Je suis contre les lois libérales, contre l’idée qu’un bénéficiaire des minima sociaux serait un tire-au-flanc présumé coupable, contre l’idée qu’on soit dur avec les faibles, et faible avec les forts !

Quels succès accrochez-vous à votre tableau de chasse?

Membre de la commission de sécurité, je suis fier d’avoir participé au maintien et au renforcement du 3 eGénie. Même chose pour l’opération Sentinelle : la section dans les Ardennes, c’est grâce à moi, comme la cellule du renseignement territorial basée à Revin(l’effectif doit doubler, ndlr). Il y a eu aussi le maintien du BER (Bassin d’emploi à redynamiser, ou Zone franche, ndlr) en limitant les effets d’aubaine, le maintien du lycée de Givet, le développement de l’impression 3D dans les collèges et lycées, ou encore le chèque de 335 000 euros obtenu de Manuel Valls, pour financer le bâtiment blanc de la zone Actival, à Bogny.

Érik Pilardeau, maire de Bogny justement, hésite à se présenter face à vous. Cela vous inquiète ?

C’est votre journal qui me l’a appris. Mais je ne pense pas que nous serons concurrents. Bien que candidat sortant, je suis en position de challenger. À mon avis, soit c’est moi qui serai réélu, soit ce sera le FN. Si Érik Pilardeau y va, il offre la circo au FN. Il le sait bien, puisque le FN est son principal opposant sur son territoire.

Vous faites peu de cas de Pierre Cordier…

Sur ce territoire, je ne crois pas à l’adhésion pour celui qui porte le programme de la droite. François Fillon, c’est un peu Dark Vador, une potion amère, anti-classes moyennes, anti-pauvres, anti-fonctionnaires. Celui qui pense à la députation tous les matins en se rasant (il parle de Pierre Cordier, ndlr) va devoir nous expliquer où il supprime les fonctionnaires. Je ne crois pas que les habitants de la 2 e circonscription vont voter pour supprimer tous ces postes, augmenter la TVA de 2 %, travailler jusqu’à 70 ans et ne plus être remboursés pour leurs médicaments !

Pierre Cordier multiplie les attaques contre vous. Que lui répondez-vous ?

La politique, ce sont des idées, une vision et des personnes pour les porter. Je n’ai rien à voir avec ce candidat, qui m’attaque pour exister. Je l’invite à la prudence, alors qu’il a communiqué le numéro de portable d’un élu sur les réseaux sociaux (celui du maire de Monthermé, dans l’affaire des oies bernaches, ndlr), qu’il a applaudi les lettres anonymes contre le maire de Fumay, qu’il a été viré du Sdis pour mauvais comportements et incompétence, ou qu’il cumule tous les mandats. Il cache son absence d’idées derrière des attaques, mais les électeurs ne sont pas dupes. Je ne veux pas entrer dans un pugilat, cela tire la politique vers le bas.

Si le second tour oppose la droite au FN, appellerez-vous à voter pour le candidat de droite ?

Je n’apporterai jamais mon soutien à Pierre Cordier.

Vous soutenez Arnaud Montebourg. Pourquoi ?

Il est l’homme de la situation. J’ai appris à le connaître au ministère de l’Économie, quand je défendais les dossiers KME, Godart ou Electrolux. Il a porté d’excellentes politiques pour l’économie, l’emploi et l’industrie.

Guillaume Lévy Journaliste, L'Ardennais, 13 12 2016