Dans la presse : Le député Léonard préconise le retrait de 3 000 militaires de Sentinelle

Dans un rapport d’information, le parlementaire ardennais recommande de ramener à 7 000 hommes les effectifs de la force Sentinelle, sans pour autant mettre en péril la sécurité.

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Réduire le contingent de soldats déployé sur le territoire français depuis les attentats de Charlie Hebdo en janvier 2015 et renforcé après ceux de Paris en novembre dernier ne signifie pas pour autant affaiblir le niveau de défense du territoire. C’est l’avis de Christophe Léonard, député socialiste des Ardennes et corapporteur, avec Olivier Audibert-Troin, député LR du Var, d’un rapport initié par la commission de la Défense à l’Assemblée nationale.

Un document de deux cents pages, fruit d’un travail entamé il y a six mois et présenté à l’Assemblée, le 22 juin, dans lequel, « il est question des évolutions concrètes et pragmatiques dans nos modes d’action actuels à court, moyen et long termes pour encore mieux protéger la France », explique, en préambule, le député ardennais, membre de la commission Défense depuis 2012. La préconisation principale : le retrait de 3 000 hommes. La force Sentinelle repasserait ainsi sous la barre des 7 000 militaires contre 10 000 voulus dès novembre 2015. «Pour un déploiement de 10 000 hommes en continu, il faudrait pouvoir s’appuyer sur un contingent total de 86 000 militaires. Il est actuellement de 77 000. » D’autant que les relèves vont bientôt passer de 6 à 8 semaines. Manquent donc 9 000 hommes à l’appel . Cela pourrait représenter un budget supplémentaire d’environ 1,5 milliard d’euros. Ce niveau de mobilisation – « Exceptionnel pour un pays en paix » – pèse sur le temps d’entraînement des soldats, passé à 64 jours seulement pour un objectif de 90 jours. « Si on s’entraîne moins, on met en danger la protection de notre pays », déplore le député socialiste.

DES ACTIONS AUX ABORDS DES FRONTIÈRES

Pour autant, « la France est en capacité de se protéger à 7 000 hommes », assure l’élu. Il faudra faire évoluer les gardes, actuellement statiques – « qui doivent être exceptionnelles » – en gardes dynamiques. « On sera plus efficace et cela demandera moins de personnel. » Une efficacité qui, selon les deux rapporteurs passe par une harmonisation des moyens de communication entre l’armée et la police. « Il faut également permettre aux militaires de faire du renseignement, ce sont eux qui sont au contact de la population. » Et enfin, « il convient de créer un site permanent, Beauvau dans l’idéal, qui permettrait de planifier à froid les actions ». Pas question pour autant de créer « un super Vigipirate » ! « Si on doit s’inscrire dans la durée, il faut optimiser les moyens, à commencer par travailler sur le moral des troupes. Mais pas uniquement. » Pour l’élu des Ardennes, le danger est partout. « Il ne faut pas centraliser tous les moyens en zone urbaine. Et, bien entendu, proposer des actions de protection aux abords des frontières. Le renseignement constitue également une priorité dans la défense du territoire. » Christophe Léonard assure que « désormais la France est passée à une autre étape ». C’est d’ailleurs en cela que les conclusions de ce rapport étaient attendues. « Il a d’ailleurs été validé mercredi. » Un rapport d’étape qui devrait être débattu. Précisons que ce rapport va à l’encontre des déclarations faites par Jean-Yves le Drian, ministre de la Défense, en janvier dernier: « Un chiffre (de 10 000 hommes) qui ne sera donc pas diminué malgré les contraintes importantes que cela fait peser sur l’armée française. »

Corinne Lange, Journaliste L'Union - L'Ardennais, 25 06 2016