Dans la Presse : Le ministre Hamon était à Nouzonville

Benoît Hamon était dans tes Ardennes, ce vendredi 11 octobre. Il a présenté un projet de Loi Qui devrait créer 100 000 emplois en France.

Le ministre délégué chargé de l’économe sociale et solidaire et de la consommation était dans le département vendredi dernier. L’occasion pour lui de rencontrer les chambres consulaires, les chefs d’entreprises mais aussi de rendre visite à des associations. Rencontre.

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La Semaine des Ardennes : Pourquoi ce déplacement dans les Ardennes ?

Benoit Hamon : J’ai répondu à l’invitation du député Christophe Léonard. Je suis venu parler d’économie sociale et solidaire parce qu’il y a un projet de loi qui va être examiné au sénat. L’objectif c’était de parler assez concrètement d’emploi et de projets qui sont ceux aujourd’hui d’entreprises de l’économie sociale.

Elles interviennent déjà dans le domaine de la mobilité, des transports, du recyclage et des services à la personne. Nous voulions également voir de quelle manière ces entreprises peuvent être soulagées d’un certain nombre de freins à leur développement, parce que ce le n’est pas toujours très simple. Elles peuvent toutefois disposer d’un soutien des partenaires publics plus fort qu’elles ne l’avaient jusqu’à présent. Enfin, nous voulions voir dans quels secteurs nous avons le pIus d’espoirs de créer de l’emploi.

C’est-à-dire ?

Par exemple, le domaine du recyclage, de la réparation, du réemploi, tout ce qu’on jette et qui pourrait être réparé, réutilisé, est un champ considérable de développement d’emplois. Il y a aussi les services à Ia personne avec le vieillissement de la population, la prise en charge des tout petits, On voit là aussi qu’il y a une multitude de besoins qui sont sans réponse aujourd’hui et qui appellent à un développement de ces activités.

Dans ces secteurs par exemple, il y a bon nombre d’acteurs de l’économie sociale et solidaire mais l’ESS s’est aussi vos garanties complémentaires, toutes les associations, toutes les scops (Sociétés coopératives et participatives ndlr.), les coopératives. Bref, autant de secteurs qui attendent des réponses.

Votre projet de loi pourrait être générateur d’emplois dans les Ardennes ?

L’étude d’impact du projet de loi a estimé qu’il créera 100 000 emplois nets en France. Évidemment que l’objectif est qu’il en crée partout, et aussi dans les Ardennes. Par exemple, on va prendre une mesure qui va permettre aux collectivités locales de réserver des marchés à des acteurs de I’ESS.

On sait que ces entreprises sont très riches en emplois. Leur réserver des marchés en créera davantage. On va aussi à travers cette loi faciliter la création ou la transmission d’entreprises en scops. On sait là encore que ces entreprises sont plus résistantes à la crise ou résistantes tout cour, d’ailleurs, que leurs concurrentes de l’économie dite classique. Quand on fait un emploi dans l’ESS, c’est souvent un emploi plus pérenne.

Les sociétés coopératives et participatives seraient la solution ?

Les scops, ce n’est pas la magie. Si l’entreprise n’a plus de clients. Ce n’est pas parce que vous changez le patron par ses salariés qu’elle va retrouver des clients. Il faut quand même rappeler un certain nombre de règles économiques de base : quand une entreprise ferme parce qu’elle n’a pas investi ou qu’elle n’a plus de clients, il faut chercher des solutions différentes.

Dans quel cas les scops sont une bonne solution ?

Il y a d’autres scénarios qu’on connaît comme les entreprises qui ferment parce qu’un grand groupe ne les considèrent pas assez rentables. Là, on peut réfléchir à des possibilités de reprises, pourquoi pas par des salariés. Mais le défi de la reprise d’une entreprise en difficulté est le même pour ses salariés que pour un repreneur X ou Y : il faut trouver des solutions pour relancer l’activité économique.

Comment l’État veut aider au développement des scops ?

Ce que nous avons voulu faire, c’est favoriser la reprise par les salariés et pour cela nous allons mettre 100 millions d’euros sur la table à travers la BPI (Banque publique d’investissement) sur l’aide à la reprise en scop. Ce sera un moyen de limiter la prise de risque pour les salariés. Qui connaît mieux son entreprise qu’un salarié ? Il connaît les clients, les procédés industriels et les investissements nécessaires. Souvent, le meilleur repreneur pour un chef d’entreprise est à côté de lui mais il n’y pense pas. Et bien par cette loi, on va faire en sorte que le chef d’entreprise y pense.

Orianne Roger Journaliste La Semaine des Ardennes