Dans la Presse : Léonard assume sa différence

Le député PS de Charleville s’est encore distingué en ne votant pas la réforme des retraites.

Il se justifie en se disant fidèle à ses engagements. Il n’avait pas voté le traité budgétaire européen, ni la loi de sécurisation de l’emploi. Mardi, le député de Charleville et de la Vallée a de nouveau marqué sa différence en s’abstenant lors du vote sur la réforme des retraites.

Leonard - Assemblée Nationale

« Il y avait des avancées (prise en compte de la pénibilité, des temps partiels) mais je n’accepte pas le principe de rallongement progressif de la durée de cotisation jusqu’à 43 années d’ici 2035. Cela, sans aucune lisibilité sur ce que sera alors la situation économique. On proposait au moins une sorte de clause de revoyure. Cela a été refusé. » Alors avec une dizaine de collègues de l’aile gauche du PS, il a refusé de voter « pour ».

Souci de cohérence

«Ce n’est pas un proportionnellement facile, on n’est pas toujours compris. Mais je suis fidèle à ce que j’al dit durant ma campagne. Et à mon engagement de 2003 et 2010 contre les précédentes réformes (je pense ainsi à ce qui se passa lors des manifestations à Charleville, et lui motiva la proposition de loi d’amnistie sociale). Je n’al pas de plan de carrière, je suis cohérent. Point. C’est pourquoi j’invite volontiers mes collègues députés et les ministres à venir dans mon département pour en comprendre les spécificités. Pour comprendre que c’est plus le manque d’harmonisation européenne que le droit du travail qui explique les difficultés des entreprises industrielles … »

Dès hier, Christophe Léo nard, seul député de gauche de la région, a eu l’opportunité de rassurer les siens (si besoin était). Il a répondu vertement à François Fillon à l’orée du débat sur la loi de programmation militaire dite LPM, lui rappelant « le bilan de la droite, en termes de budget et de suppressions de postes, sans parler du fiasco du logiciel Louvois ». Il est par ailleurs à l’origine de trois amendements, très probablement votés par le groupe PS. Ces textes proposent de prendre en compte la situation économique des territoires quand il faut en arriver à supprimer une unité (il pense évidemment au 3e RG), débattre au parlement chaque année de l’avancement de la LPM et enfin, de demander à Bruxelles d’être moins rigoriste sur le budget de la France, celle-ci se substituant de facto à l’Europe en matière militaire avec 31 milliards d’euros consacrés à la défense.

Philippe MELLET Journaliste L’Ardennais