Dans la presse : Les aides aux entreprises vont enfin pouvoir être versées

La loi empêchait, depuis janvier, de verser 1,5 million d’euros d’aides du Département. Ce blocage a cristallisé les tensions entre Léonard et Huré.

Journaux - Presse

C’est le pataquès de ce début d’année, et il semble que le conseil départemental en vienne enfin à bout. Une centaine de porteurs de projets ardennais devraient enfin toucher le chèque promis.

Pour rappel, la loi NOTRe, dont le conseil départemental a critiqué «l’amateurisme » , ne semble pas avoir prévu de phase transitoire pour verser, après le 1 er janvier, les aides votées… avant. De son côté, la collectivité ardennaise a sans doute fait preuve d’imprudence, en multipliant, jusqu’au 11 décembre, les soutiens économiques, sans savoir comment elle les verserait.

Alors que ce bug administratif était dans l’impasse, des porteurs de projet ont vu, à partir du 28 avril, leur compte en banque crédité des sommes votées. Sur le montant global des aides à payer en 2016 (environ 1,5 million), la collectivité a fait verser, via le payeur départemental, 300 000 euros. Le reste sera payé « dès réception des justificatifs nécessaires » , assure Benoît Huré, président (LR) du Département.

L’élu indique : « Par deux circulaires ministérielles du 22 décembre 2015, les paiements de ces aides économiques ont été suspendus au 1er janvier 2016, aboutissant à un blocage de toutes les aides non versées à cette date (…). Le Conseil d’État a été saisi par l’Assemblée des Départements de France quant à la légalité de ces circulaires ministérielles. »

Mais pour le député (PS) Christophe Léonard, le conseil départemental s’est rendu coupable d’ « hypocrisie intellectuelle » et de « politique politicienne » . Après un premier communiqué, le mois dernier, qui clouait au pilori l’action départementale, le député a remis le couvert cette semaine. « Benoît Huré mange son chapeau après avoir fait fausse route pendant plus de quatre mois. C’est avec stupéfaction, mais aussi un large soulagement, que les entreprises bénéficiaires, qui n’y croyaient plus, ont eu la surprise de constater que, comme par magie, leur compte bancaire avait subitement été crédité des sommes attendues. »

Prenant le relais d’une opposition départementale étrangement silencieuse, Christophe Léonard se vante d’avoir permis le versement grâce à son intervention auprès des ministères. « Il est cependant malheureux que ces manquements coupables et cette incompétence aient pénalisé et retardé les projets de développement économique portés par les entreprises et les emplois qui vont avec. »

« MANŒUVRES DE DIVERSION »


Agacé, Benoît Huré le renvoie dans ses cordes. « Christophe Léonard n’a désormais comme seule préoccupation que sa réélection de député. À l’approche des élections législatives qu’il redoute, il multiplie les agitations politiciennes, les mensonges et différentes manœuvres de diversion qui visent à élever un écran de fumée sur son action politique. »

Le président du conseil départemental note que « Christophe Léonard, en tant que conseiller général, n’a eu de cesse de critiquer la politique de soutien du Département aux entreprises ardennaises et n’a jamais voté les budgets qui y étaient consacrés. Les électeurs qui connaissent Christophe Léonard ne s’y sont d’ailleurs pas trompés en ne lui renouvelant pas leur confiance aux dernières élections cantonales ».

Benoît Huré estime que « le positionnement de frondeur de Christophe Léonard lui vaut peu d’écoute dans les ministères. Qui peut croire un instant qu’il ait pu jouer un rôle d’une quelconque utilité dans le versement des aides ? » L’intéressé reste droit dans ses bottes : « Ce retournement brutal de situation valide l’analyse juridique que je défends depuis le début : après l’examen favorable du contrôle de légalité exercé par l’État, une délibération a force exécutoire et ne peut par conséquent qu’être payée par le payeur départemental. »

Guillaume Lévy, Journaliste l'Union - L'Ardennais, 05 05 16