Dans la Presse : Les militants socialistes ardennais plébiscitent les frondeurs

Majoritaire sur l’ensemble du pays, la motion A a été devancée, dans le département, par le courant des frondeurs, représenté par le député Léonard.

CL & L. Baumel

Chez les socialistes, les Ardennes ont pris, jeudi, le contre-pied du reste de la France. Alors que la motion A (celle du soutien au gouvernement) a été largement plébiscitée dans l’Hexagone, c’est la motion B (celle des frondeurs) qui est arrivée en tête dans le département (48,63 % contre 43,63 %), à l’issue d’un scrutin peu suivi, où seule la moitié des militants s’est déplacée. « À l'inverse du résultat national, les militant(e)s du département ont souhaité se démarquer de la motion A et exprimé une demande forte d'inflexion de la politique suivie », s’est réjoui, au lendemain du vote, le député Christophe Léonard.

Au cours de la campagne interne au parti, conclue par un ultime débat mardi à Charleville-Mézières, le parlementaire ardennais avait fait venir sur ses terres deux éminents collègues « frondeurs », Christian Paul et Laurent Baumel. Avec une certitude : les difficultés locales ont conduit les militants à contester, sinon rejeter, la politique actuelle du gouvernement Valls : « La situation économique et sociale dégradée de notre territoire est sans aucun doute la cause essentielle de ce vote qui rejoint les positions que j'exprime en qualité de député des Ardennes depuis le début de mon mandat », rappelle Christophe Léonard.

Même satisfaction du côté de Florian Lecoultre, autre ambassadeur de la motion B : « La majorité bascule dans le département. Cela signifie qu’il faut désormais un changement », plaide le jeune maire de Nouzonville, candidat déclaré pour la fédération ardennaise. Qui appelle, en creux, à en finir avec l’époque Ledoux une bonne fois pour toutes : « Il est temps de tourner la page des batailles rangées et relancer la dynamique du parti. »

Ce sera tout l’enjeu du vote à venir pour le poste de premier fédéral et ceux de secrétaires de section (le 11 juin prochain). Si la victoire de la motion B conforte sa « légitimité personnelle », Florian Lecoultre ne veut pas surestimer l’importance de ce résultat. « Il y a des militants favorables à la motion A qui me soutiennent aussi. » Ce n’est d’ailleurs pas un mystère : au-delà des orientations politiques, les échéances à venir dans les Ardennes seront aussi une affaire de personnes et de générations.

Consolation tout de même pour les partisans de la motion A, arrivée en tête à Charleville-Mézières avec 31 voix sur 61 votants (contre 22 voix pour la « B »). Pas de triomphalisme pour autant chez Damien Lerouge, qui en a été l’un des promoteurs au côté de la première fédérale Annie Flores. « L’essentiel est de nous rassembler », avance prudemment celui qui pourrait, dans quelques jours, officialiser sa candidature pour la section carolo.

Prochaine échéance : le samedi 30 mai à Aiglemont pour le congrès fédéral. Toutes les ambitions devront, ce jour-là, être mises sur la table.

Olivier Durand – L’Union-L’Ardennais – 23 05 2015