Dans la Presse : Mais à quoi joue donc le Conseil général ?

Le golf des Ardennes est toujours à vendre. Mais l'imbroglio continue plus que jamais. Le Conseil général manigance, en effet, dans le dos du candidat acquéreur, qui répond pourtant aux conditions générales de l'offre.

golf des poursaudes

Le feuilleton relatif à la vente de la base de loisirs des Poursaudes et du golf des Ardennes a connu, hier, un nouvel épisode, signalant que dans cette affaire, le moins qu'on puisse dire est que le Conseil général et en particulier le président Benoît Huré, ne jouent pas un jeu bien clair. Ce dernier s'honorerait donc à enfin s'expliquer « franchement », plutôt qu'en bottant en touche, ainsi qu'il l'a fait dans sa réponse au conseiller général d'opposition Christophe Léonard.

Hier matin, en effet, sur instruction de Jean-Luc Hiblot, responsable du service foncier du Conseil général, Jean Durand, trésorier de l'association qui gère le golf, agissant en l'absence du président Joël Turquin actuellement en congés, a été invité à « accueillir trois personnes », afin de leur en « faire visiter les installations » et de répondre à toutes leurs questions, ces trois visiteurs étant « candidats à un rachat éventuel »

Cette information étant parvenue aux oreilles de Franck Tarpin, gérant de la Sarl Z.I.D, dont on sait qu'il est candidat depuis mai 2008 à ce même rachat, son sang n'a fait qu'un tour. Et il avait donc fait venir un huissier, Me Gérard Anvoisier, pour constater, par un acte authentique, les curieuses pratiques du Conseil général.

L'attente a été un peu longuette, car il faisait frisquet sur le site des Poursaudes et que les acquéreurs potentiels, attendus à 10 heures, tardaient à arriver. Les supputations allaient même bon train, quant à savoir qui ils allaient être. Et puis, finalement, ils sont bel et bien apparus, à bord d'une Mercedes E220 grise de location, immatriculée dans la Meuse.

En fait, ils n'étaient que deux -le troisième homme, qui serait du Midi, étant actuellement en vacances au Maroc- et à leur vue, les habitués du club-house, qui étaient en train de boire leur café en ont quasiment lâché leur tasse de surprise, en reconnaissant une personnalité régionale manifestement bien connue de tous : Lucien Pinel, ancien président de l'Olympique Charleville, ancien entrepreneur en bâtiment, concessionnaire automobile et propriétaire de discothèque à Reims, accompagné de Ghislain Thomas, sorte de « monsieur bons offices », sachant mettre des gens fortunés sur le coup de bonnes affaires à réaliser. A peine arrivés sur le site, les deux hommes se sont engouffrés dans les bureaux de l'association pour s'entretenir, ainsi que prévu, avec Jean Durand. A un moment donné, toutefois, ils ont demandé à rencontrer Franck Tarpin, qu'il a fallu aller chercher sur le green, où il était parti faire un parcours.

Le contact n'a duré que quelques minutes, au terme desquelles ce dernier nous a juste indiqué leur avoir rappelé sa propre candidature en tant qu'acquéreur. Et confié qu'ils lui auraient proposé de trouver une entente entre eux. Nous n'avons pas pu en apprendre davantage de la part de Lucien Pinel et Ghislain Thomas, ceux-ci ayant fait savoir qu'ils ne se montreraient pas « tant que la presse serait là »

Nous avons bien été tentés, alors, d'être taquins, en nous faisant servir une collation, puisque l'on peut déjeuner à toute heure sur le site, mais cela aurait manqué de tact.

L'Union L'Ardennais