Dans la Presse : Méga projet éolien dans le Rethélois

Elus de droite et de gauche se sont réunis autour d'une même cause. Mais le projet éolien du sud des Ardennes bloque sur un critère de sécurité. Et 100 emplois sont toujours en attente.

éolienne

Trois députés (Christophe Léonard, Bérengère Poletti et Jean-Luc Warsmann), un président de conseil régional (Jean-Paul Bachy) plus le maire et conseiller général de Grandpré (Francis Signoret) réunis autour d'une même table pour un enjeu de taille.

Au cœur d'une période où les rapports sont très tendus entre l'UMP et le PS suite au renouvellement de la carte intercommunale et de la nouvelle donne concernant le fonds de péréquation, force est de constater que le projet éolien du Mont des Quatre Faux a amené les élus des deux bords à oublier leurs antagonismes pour jouer enfin collectif. Ce qui n'était plus arrivé depuis belle lurette…

Hier, cette délégation s'est donc retrouvée au ministère de la Défense pour sensibiliser l'armée à un colossal projet susceptible de fixer 100 emplois dans le Rethélois et le Vouzinois.

En septembre, Bérengère Poletti, après avoir vainement tenté de s'ouvrir les portes du ministère, s'est résolue à passer par son collègue socialiste, Christophe Léonard, membre de la commission défense à l'Assemblée nationale, pour obtenir un rendez-vous destiné à faire aboutir la réalisation du plus important projet national de ferme éolienne.

Le député ayant réussi dans sa mission d'approche, d'autres élus ont par la suite accroché le wagon. Et hier, le cabinet civil et militaire du ministre Jean-Yves Le Drian, a reçu ce front uni d'élus locaux, venus plaider la cause de l'investisseur : Windvision.

Pour éviter que les nombreuses et longues démarches effectuées jusqu'alors ne deviennent caduques en raison de la présence d'un radar de la BA 112 dans le rayon d'action d'une vingtaine d'éoliennes, la délégation est revenue sur les différents obstacles déjà franchis en espérant que l'armée lève l'ultime écueil.

Au terme de la réunion, les élus locaux faisaient preuve d'une extrême vigilance en évitant tout pronostic aléatoire.

Christophe Léonard : « Il fallait remettre de l'humain et du bon sens dans un dossier essentiellement et exclusivement technique et technologique. Les participants ont été proactifs mais si nos interlocuteurs ont été à l'écoute, il faut être conscient qu'on se trouve confronté à des considérations de défense nationale qui priment au-dessus de tout. Car la sécurité reste un préalable incontournable. Les prochaines semaines seront donc marquées par des allers et retours, entre le porteur du projet et le ministère, de tous les éléments de faisabilité. Ensuite, l'armée se positionnera. Sa décision sera connue au cours du premier trimestre 2013. On espère bien sûr que ce parc éolien de grande ampleur pourra voir le jour. »

Même prudence de Bérengère Poletti, la députée UMP de la circonscription : « Entre nous, on a convenu d'être réservés au niveau de la communication. Les portes ne sont pas fermées comme on pouvait le craindre un moment. Mais un travail de conciliation doit continuer en amont. On a pu développer notre argumentaire et insister sur l'importance que revêt ce projet pour les Ardennes. Mais l'armée se réfugie derrière sa mission de défense et ne peut faire abstraction de la sécurité. Un délai supplémentaire nous a, toutefois, été accordé pour faire aboutir un projet. En tout cas, il est déjà positif que certains élus aient fait preuve du même état d'esprit sur un sujet vital pour le territoire en oubliant le dogmatisme. » Reste à espérer que ces discussions puissent permettre à ce projet d'avoir définitivement le vent en poupe…

Pascal Remy Journaliste L’Union L’Ardennais