Dans la Presse : Orientations budgétaires « L'important, c'est d'être déterminé »

Quatre semaines avant le vote du budget 2012, majorité et opposition sont au moins d'accord sur un point : les marges de manœuvre sont faibles.

fin voie aménagée gué d'hossus

Comment concilier la stagnation des dotations de l'Etat, la hausse des dépenses sociales et la poursuite des investissements sans augmenter la fiscalité ? C'est à cette question que vont tenter de répondre les conseillers généraux ardennais, tant lors du débat d'orientations budgétaires, qui les réunit depuis hier, que lors du vote du budget primitif 2012, pour lequel ils se retrouveront dans quatre semaines.

Et si les réponses politiques sont bien sûr différentes, majorité et opposition sont d'accord pour reconnaître que les marges de manœuvre n'ont jamais été aussi minces. Pierre Pandini (divers gauche, Mézières centre-ouest) va même plus loin en déplorant que le département ne soit plus qu'une chambre d'enregistrement « puisqu'il lui faut faire avec l'argent qu'on veut bien lui donner ».

La presse est là

Sur un ton plus politique, Christophe Léonard (PS, Charleville centre) estime que la situation financière du conseil général est « fortement dégradée » et que l'équilibre du budget 2012 ne pourra donc se faire qu'en augmentant le volume d'emprunts ou en supprimant des dépenses nouvelles. « Les documents qui nous ont été remis ne donnent paradoxalement aucune indication claire sur la stratégie que vous et votre majorité entendez suivre », ajoute le président du groupe PS et divers gauche, avant de stigmatiser « un environnement budgétaire chaotique sur le plan gouvernemental » et d'énumérer une liste de propositions pour l'avenir du département.

Une déclaration qui fait bondir Pierre Cordier (divers droite, Nouzonville) : « Aucune proposition n'a été faite en commissions par les membres de l'opposition. Je trouve ça triste et dommage. Alors c'est vrai qu'aujourd'hui, la presse est là. A écouter M. Léonard, j'avais vraiment l'impression d'être dans une campagne législative ».

Dans son discours d'ouverture, Benoît Huré avait proposé de poursuivre la maîtrise des dépenses de fonctionnement, déjà engagée depuis plusieurs années. Michel Sobanska (UMP, Rocroi) et Boris Ravignon (UMP, Charleville La Houillère) ont abondé dans le même sens. Le premier a souhaité un budget 2012 de vérité « car les Ardennais ne peuvent plus supporter une augmentation de la fiscalité ».

Le second a insisté sur ce « besoin absolu de maîtrise des dépenses » en soulignant que ces économies sur le fonctionnement étaient nécessaires « pour continuer nos missions et aider à investir ». L'agence de développement économique, qui devrait voir le jour en 2012, sera justement chargée de la prospection économique exogène comme de l'accompagnement des projets locaux. Comme l'a indiqué le président de l'exécutif ardennais, l'année 2012 verra aussi la montée en puissance de la participation du conseil général au chantier de l'A 304, avec le démarrage des premiers travaux prévus dans les huit lots mis en appel d'offres en 2011, et la publication de l'étude sur le très haut débit.

Reste que face à l'absence de visibilité sur l'évolution des prévisions de recettes budgétaires, Benoît Huré a invité ses collègues à la prudence et au pragmatisme. En leur rappelant ce que disait Jean Monnet : « L'important dans la vie, ce n'est pas d'être optimiste ou pessimiste, c'est d'être déterminé ».

Bernard GIRAUD Journaliste l’Union L’Ardennais