Dans la presse : Portrait de Christophe Léonard

Questionné par La Semaine Des Ardennes, Christophe Léonard rappelle les raisons de son engagement politique.

Leonard - Assemblée Nationale

Christophe Léonard est né dans l'ancienne maternité de Charleville, rue Forest en 1971. Très attaché à son département et en particulier à la deuxième circonscription où toute sa famille réside, il ne s'imaginait pas faire de la politique ailleurs.

Depuis quand vous intéressez-vous à la politique ?

C'est quelque chose qui m'a attiré très tôt puisque je me rappelle de l'élection de François Mitterrand à la présidence de la République en 1981, j'avais 10 ans. Je me souviens d'images de lui allant au Panthéon avec une rose à la main. S'il faut dater mon intérêt pour la politique je le fais remonter à cette époque-là. Ensuite, j'ai continué à suivre cela de près avec le débat Chirac/Fabius en 1986 et la réélection de François Mitterrand. Clairement, la génération Mitterrand, c'était la mienne.

Vous avez donc toujours été à gauche ?

Oui. Après c'est peut-être le fruit d'une éducation même si dans ma famille, tout le monde n'est pas foncièrement à gauche. Mes parents étaient plutôt des cadres moyens, cadres supérieurs. Mon père qui est décédé en 2006, à l'âge de 60 ans, a gravi les échelons de la vie et a terminé sa carrière comme directeur d'hôpital. Ma maman travaillait dans le secteur de la justice comme greffière.

"Soit je conserve la circonscription de courte tête, soit elle bascule au front national"

La question sociale était donc importante dans le quotidien de vos parents ?

Oui. D'ailleurs, mon père a aussi travaillé au services des fraudes dans les Ardennes et à la direction départementale des affaires sanitaires et sociales où il était inspecteur à l'enfance. Ce qui fonde mon engagement aujourd'hui, c'est le fait que la société doit offrir les mêmes chances à chaque être humain qui nait. Les inégalités sociales existent et le but de la politique est de les réduire. Tous les enfants de ce pays, et même du monde, doivent pouvoir réussir leur vie.

Qu'est-ce qui vous a poussé à passer le cap et devenir militant PS ?

Je me suis engagé en mars 1993 après la défaite, pour ne pas dire la débâcle, de la gauche, aux législatives. J'ai trouvé ça symbolique de prendre ma carte de sympathisant au PS à ce moment-là. Je garde en mémoire le dernier meeting de Pierre Bérégovoy, à Revin, à la salle Jean Villar. J'y étais présent avec mon père. C'était aussi le moment pour moi de le faire puisque je venais d'avoir mon concours pour entrer à l'université réputée des experts-comptables de Valenciennes.

Pourquoi ne pas l'avoir fait plus tôt ?

J'ai toujours eu envie de m'engager dans un parti politique mais justement mes parents m'ont toujours freiné par rapport à ça en disant : "Fais en sorte d'avoir un métier, d'abord." Ils voulaient que je construise en priorité un parcours scolaire et universitaire qui fasse que la politique soit une passion et pas un moyen de subsistance. Aujourd'hui, je suis député, ça prend la totalité de mon temps d'activité mais ce n'est pas mon métier. C'est une fonction et une confiance que m'ont donné les citoyens de la 2ème circonscription des Ardennes.

Où avez-vous travaillé avant ?

J'ai travaillé en cabinet d'experts-comptables, puis pendant douze ans comme directeur général des services de la ville de Fumay. J'ai aussi été assistant parlementaire du député de l'époque (Philippe Vuilque, ndlr.) pendant deux ans. (Juillet 1997 - Juillet 1999)

Vous vous présentez pour la première fois à une élection à 30 ans, pourquoi ?

Être spectateur, c'est bien mais agir, c'est mieux. Il paraissait évident que la meilleure façon de le faire était d'avoir un mandat politique. En 2001, je me présente sur le canton de Charleville-centre, où je suis né et où je vis. Ce n'était pas forcément facile pour quelqu'un de gauche et il me manque alors 140 voix contre André Marquet. En 2008, sur le même canton, je mets mon temps et mon argent dans une nouvelle campagne. Je l'emporte face à Patrick Fostier.

Pourquoi avoir voulu devenir député par la suite ?

Je considérais que quelque soit le résultat de l'élection présidentielle, François Hollande élu ou pas, Philippe Vuilque était de nature à perdre la 2ème circonscription face au candidat de droite Boris Ravignon. Il y avait un risque de défaite de la gauche et je n'étais pas le seul à faire cette analyse puisque le partir socialiste m'a investi. J'étais candidat aux législatives avec un maintien de Philippe Vuilque au premier tour et j'ai été élu sur cette circonscription.

Vous vous représentez aux législatives. Est-ce que la mauvaise image du PS peut vous nuire dans ces élections ?

L'élection de Benoît Hamon va avoir un impact sur cette image. C'est une alternative forte à Emmanuel Macron et Manuel Valls qui ont mis en oeuvre la politique du Gouvernement actuel, notamment économique. Je me retrouve derrière ses idées. C'est le seul qui est en capacité de rassembler électeurs socialistes, communistes, mélenchonistes et les déçus de la gauche.

Êtes-vous confiant ?

Ma circonscription est un territoire historiquement de gauche, car il est ouvrier. je ne vois pas ses habitants voter pour le projet de François Fillon porté dans les Ardennes par Pierre Cordier, le maire de Neufmanil. Toutefois, si nous sommes divisés à gauche (avec la possible candidature du maire de Bogny, Érik Pilardeau ndlr), c'est la porte ouverte à une élection du FN. Pour moi, soit je suis réélu et je conserve la circonscription d'une courte tête, soit elle bascule au front national.

Un député frondeur :

"J'ai veillé à toujours avoir une cohérence politique et être en respect avec mes engagements, c'est pourquoi dès octobre 2012, je n'ai pas voté le traité européen pour la stabilité, la coopération et la gouvernance", souligne-t-il. Il a considéré que cela allait à l'encontre d'une volonté développée pendant la campagne de "desserrer l'étau de la récession économique imposée par Bruxelles." Il s'est abstenu sur la réforme des retraites à 62 ans, même si on devait tenir compte de la pénibilité du travail et faire partir à 60 ans ceux qui avaient des métiers très difficiles. Il regrette que cela ne soit pas suivi des faits le plus souvent. Christophe Léonard s'est également battu contre le pacte de responsabilité car il ne "faisait pas de différenciation entre les groupes multinationaux ou petite PME." Il ajoute : "L'essentiel de l'argent qu'on a mis dans le CICE ( Crédit d'Impôt pour la Compétitivité et l'emploi ndlr.) a été capté par de grands groupes qui n'en avaient pas besoin. S'ils l'ont utilisé comme de l'argent de poche au détriment des petites entreprises, comme celles de ma circonscription, qui en avaient fort besoin." Enfin, il s'est montré contre la déchéance de nationalité "qui n'était pas une solution pour lutter contre le terrorisme à mon sens." et contre la loi Travail.

La réserve parlementaire

Les 130 000€ de réserve du député ont été utilisés chaque année à raison de 30 000€ pour les petites communes et 100 000€ pour les associations. Quelques exemples d'actions : achat d'imprimantes 3D dans les collèges et les lycées, partenariat avec le cercle d'escrime pour faire de l'initiation dans les écoles, soutien à l'association Aurélien et Jason (pour les enfants autistes), financement d'une bibliothèque à Vireux-Molhain, financement des FabLab de Rimogne et de Bogny-sur-Meuse.

Orianne Roger, Journaliste pour La Semaine Des Ardennes.