Dans la Presse : Pour les littéraires, ce sera une histoire de chiffres

  • Ces derniers jours, des informations contradictoires ont circulé quant à la pérennité des classes de 1re et terminale L. Mais, à ce jour, rien n’est encore acté.
  • Plus que les spécificités géographiques et sociales de la Pointe, c’est le niveau des effectifs qui sera d’abord pris en compte à l’heure du choix.
cité scolaire Vauban

« La filière L et son univers impitoyable ». Au gré des multiples rebondissements du dossier, on va presque finir par pouvoir écrire un roman complet.

Même si dans l’affaire, il nous reste encore à connaître l’essentiel : la fin de l’histoire. A l’avenir, les littéraires de la Pointe auront-ils la possibilité de continuer à étudier et à passer leur bac à Givet ? Ou, au contraire, seront-ils contraints de s’exiler à Revin, Charleville, voire carrément chez nos voisins belges ? Telle est la question…

De passage au lycée fin décembre, le DASEN (*) Patrice Dutot s’était engagé devant une flopée d’élèves, de professeurs et de parents remontés comme des pendules à y apporter une réponse ferme et définitive « avant les vacances d’hiver ».

Or mercredi dernier, stupeur : à l’occasion d’une conférence de presse, le numéro 1 de l’Education nationale dans les Ardennes a clairement indiqué son intention de regrouper les filières L à Revin. Et non à Givet (Lire nos éditions de jeudi).

La nouvelle a alors fait effet d’une bombe et mis beaucoup moins de temps à arriver à Givet depuis Charleville qu’un TER de la SNCF.

Fausse alerte

Ce qui a aussitôt entrainé de nombreuses réactions. Dont celle du Parti de gauche, qui est lui aussi monté au créneau afin de dénoncer une « décision scandaleuse » et « un nouveau coup dur porté au lycée, ainsi qu’à tout le canton. »

A peine née, la fronde s’est toutefois rapidement atténuée. Le temps pour le député Christophe Léonard de joindre le dasen et d’apprendre que, finalement, « rien n'était encore acté ».

Ce que le représentant de l’Education nationale nous a ensuite confirmé de vive voix. Tout en précisant son raisonnement : « Dans ce osier, avant de se demander où les classes seront implantée, il faut d’abord savoir s’il reste sur le territoire un vivier de lycéens suffisants afin d’y conserver une telle filière », a-t-il ainsi indiqué.

Selon lui, l’effectif actuel (une vingtaine d’élèves à Vauban, répartis en 1re et terminale) est « trop restreint pour maintenir une dynamique pédagogue et pertinente ».

L’avenir du cursus est donc directement lié « aux vœux qui seront formulés par les lycéens au printemps ».

Avec une barre fatidique fixée à combien ? Difficile à dire. « Si on a 13 à 14 inscrits en 1re, cela devrait être bon », estime Kathy Chavatte de l’association « Givi j’y reste… ! ».

Plus motivée que jamais, cette dernière appelle d’ailleurs tous les acteurs à rester mobilisés, « car rien n’est fini, loin de là, assure-t-elle. D’autant que le projet « langues » porté par le député Léonard devrait, à terme, conforter la filière en y apportant de nouveaux élèves. »

La priorité actuelle est donc clairement identifiée : « Il faut se battre pour sauver le cursus », insiste Laurent Bouvier, professeur et porte-parole de la section locale du Parti de gauche. « Car si l’offre de formation générale venait à être amputée, la boîte de Pandore serait alors ouverte et d’autres filières pourraient, elle aussi, très vite être amenées à disparaitre. »

A ses yeux, plus « qu’une application zélée de la règle à calcul », le choix final devrait essentiellement prendre en compte « les lourdes difficultés » du territoire et sa situation géographique « si particulière ».

Or, ce n’est pas vers quoi l’Education nationale s’oriente.

Bref, pour les littéraires, cela devrait surtout être une histoire de chiffre. Et rien d’autre.

Tous au chevet de Vauban

La pérennité du lycée et le renforcement de son offre de formations sont actuellement au cœur de toutes les préoccupations.

Après une entrevue au Ministère de l’éducation nationale la semaine dernière – au cours de laquelle une délégation conduite par le député Christophe Léonard a pu longuement défendre ses arguments – les réunions de travail vont continuer à s’enchaîner.

La prochaine réunion aura lieu le jeudi 24 à Reims, à l’initiative du conseil régional. Elle devrait rassembler autour d’une même table les principaux intéressés (à savoir notamment le recteur, le Dasen, le proviseur de la cité scolaire de la ville de Givet, la com’com, de député Léonard, l’association « Givi j’y reste… ! » et la FCPE locale).

A noter aussi que le Dasen Patrice Dutot sera à nouveau de passage à Vauban le mercredi 30 janvier, conformément à ce qu’il avait promis fin décembre. Il s’agira déjà de la troisième visite depuis la rentrée.

A cette occasion, l’épineux dossier de la filière L sera inevitablement abordé. L’échéance promet donc d’être des plus importantes… *Le directeur académique des services de l’Education nationale des Ardennes (Dasen).

Aurélien Avigliano Journaliste L’Union L’Ardennais 21 01 2013