Dans la presse : Christophe Léonard, favorable à une primaire à gauche.

« S’il n’y a pas de primaire, c’est l’assurance qu’il n’y ait pas de candidat de gauche au second tour. »

Leonard - Assemblée Nationale

Le peuple de gauche semble séduit par l’idée d’une primaire. Dans les Ardennes, la plupart des cadres du Parti socialiste militent, aussi, pour l’organisation de ce scrutin.

Les semaines passent, les débats s’enchaînent et la primaire à gauche semble boitiller. D’un côté, François Hollande et ses derniers soutiens font tout le nécessaire pour éviter ce scrutin ; de l’autre, des désaccords multiples empêchent les pro-primaires de parler d’une seule voix. En effet, le mode de scrutin, le nombre de candidats, la présence, ou non, de tous les partis de gauche, et celle de François Hollande, divisent les élus. Des avis divergents à l’échelle nationale, qui se ressentent dans une moindre mesure dans les Ardennes, où la plupart des ténors socialistes militent pour la tenue d’une primaire. «C’est la condition sine qua non pour gagner en 2017 », formule Florian Lecoultre, patron du PS dans le département. Même son de cloche chez le député socialiste Christophe Léonard : « S’il n’y a pas de primaire, c’est l’assurance qu’il n’y ait pas de candidat de gauche au second tour. »

« Convaincu » par la nécessité d’organiser ce scrutin, l’élu dit être «déterminé ». « Ce qui a fondé le socle de la victoire en 2012, c’est le discours du Bourget… Mais depuis, le Traité européen, le Pacte de responsabilité, le débat sur la déchéance de nationalité, la réforme du code du travail… sont entrés en télescopage avec ce discours. Aujourd’hui, il faut refonder une politique qui rassemble le peuple de gauche. » Dans les Ardennes, les caciques du parti partagent, dans l’ensemble, ce point de vue. « Il y a une telle apathie chez les gens de gauche qu’une primaire est sans doute le seul élément qui peut créer de l’émulation », estime Florian Lecoultre. Également favorable à ce scrutin, Joëlle Barrat, seule élue socialiste du département à siéger à la Région, souhaite « une primaire ouverte à tous, du Front de gauche au gouvernement actuel », indique-t-elle. Idem pour Florian Lecoultre et Christophe Léonard. « Tout le monde doit pouvoir être candidat. L’ouverture est une valeur de gauche, lance le député. Notre primaire devra être ouverte à toute la gauche, à toutes les gauches. » Comprendre : des communistes aux radicaux, en passant par les Verts et l’ensemble des socialistes. Et notamment le président de la République, François Hollande : une première pour un chef de l’État en exercice. « Nous sommes dans un pays bonapartiste, mais il n’y a rien d’avilissant à ce qu’il se présente à la primaire, commente le patron du PS. Aux États-Unis, ça se passe comme ça ! Élu en 2008, Obama a dû repasser par la case primaire pour les élections de 2012. » Enfin, tous s’accordent sur un autre point : une fois le scrutin passé, tout le monde devra soutenir le vainqueur.

Les éléphants ardennais sont donc sur la même ligne, à l’exception de Didier Herbillon, le maire de Sedan. Son avis est plus « nuancé » : une primaire s’impose sauf si la courbe du chômage s’inverse. « Quand François Hollande a été élu, son principal engagement a été de faire baisser le chômage. S’il y arrive, je n’ai pas d’état d’âme… Un Président qui a réussi est légitime pour se représenter sans passer par les primaires. » Selon l’édile, la situation doit être claire, au plus tard, d’ici «novembre ». Et si la courbe du chômage ne s’inverse pas, lui aussi militera pour une primaire. Une élection pour que la gauche soit rassemblée à l’horizon 2017 !

Guillaume Decourt, Journaliste L'Union - L'Ardennais, 04 04 2016