Dans la Presse : Règlement de compte à gauche

Dans un contexte de débâcle électorale, les couteaux sont ressortis à gauche. Christophe Léonard accuse Claudine Ledoux de trahison. L’ex-maire riposte.

CL

« Le bilan de Claudine Ledoux a été sévèrement jugé par les électeurs qui n’ont pas compris sa trahison, son départ précipité au soleil. » Ces mots (lire nos éditions d’hier), qui pourraient être signés Bérengère Poletti (UMP), viennent pourtant de la gauche, en l’occurrence du député Christophe Léonard. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’ils ont fait mouche, vue le nombre de réactions qu’ils ont engendrées.

Hier, le seul parlementaire PS de la région a même enfoncé le clou. « Les habitants ont intégré comme un abandon le départ de leur maire pour l’Océan Indien ou les ors de la République, pendant qu’ici ils vivent le chômage, la crise er s’interrogent sur l’avenir de leurs gamins ! » Ce faisant, Christophe Léonard dit vouloir « crever l’abcès ». « Je dis tout haut ce que tout le monde pense tout bas. La vraie question, c’est qu’aurait –elle fait aux municipales ? » Et pour répondre : « Elle aurait peut-être été balayé dès le premier tour ! »

Déclaration « haineuses »

Cette surprenante défense du candidat Pailla (« c’était mission impossible pour lui, Claudine a capté toute la lumière pendant treize ans ») a eu le mérite de faire sortir l’ex-maire devenue ambassadrice de son silence. Hier matin…

Le moins que l’on puisse dire c’est que sa réponse est à la mesure de l’attaque. Elle rappelle d’abord que ses nouvelles fonctions l’empêchent de commenter les résultats des élections. Concernant les mots très durs du député PS, sa réaction tient en quelques lignes cinglantes « Les déclarations de Christophe Léonard sont haineuses. De toutes évidences, il a peur pour son avenir. Ce n’est pas trahir ses électeurs que d’accepter une responsabilité en fin de mandat. Cela l’aurait été de l’accepter après une réélection. En s’exprimant comme il le fait, Christophe Léonard abîme l’image de son parti et de la gauche. Plus tard, je parlerai… »

Les propos du député mettent à mal les relations au sein du PS. La section de Charleville a fait savoir qu’elle « a découvert avec stupéfaction les propos de Christophe Léonard. Nous n’avons pas souvenir de l’avoir jamais entendu critiquer les réalisations de l’ancien maire et un bilan jugé par beaucoup très positif. Les mots utilisés ne sont pas compatibles avec la solidarité attendue au sein d’un même parti. »

Léonard ne veut pas un remaniement mais un changement de cap

Le député est tout aussi en verve à propos de François Hollande. « La politique menée va dans le mur, attaque t’il. A trois reprises j’ai tiré la sonnette d’alarme, en ne votant pas le Traité européen, la loi de sécurisation de l’emploi et les retraites. On voit aujourd’hui la sanction des électeurs au niveau local. Le problème actuel, ce n’est pas quel Premier ministre ou quel remaniement. C’est que le socle de confiance qui était basé sur le discours du Bourget ou la nouvelle France industrielle, est ébranlé. » Le député menace : « S’il n’y a pas un changement de cap, je en voterai pas la confiance au gouvernement. On doit diriger pour et avec le peuple, pas contre les Français ! »

Enfin, d’une petite phrase, Christophe Léonard se positionne pour la suite. « Nationalement et localement, je prendrai mes responsabilités pour retisser le lien de confiance… »

Bref, le raz-de marée de la droite n’a pas fini de faire des vagues à gauche…

Guillaume Levy et Mirko Spasic Journalistes L’Union L’Ardennais