Dans la Presse : Rénovation de la ligne SNCF Charleville-Givet Les élus jouent collectif chez le ministre

Prudence ! Tel est le sentiment qui a prévalu hier au sein de la délégation partie plaider, à Paris, des dossiers dont celui des transports dans les Ardennes.

CL RDV ministère des transports 2013

«UTILE, pas encore conclusif. Il faut rester actif… » Le président du conseil régional Jean-Paul Bachy qui conduisait hier soir une délégation à Paris pour évoquer plusieurs dossiers majeurs concernant les transports et infrastructures et solliciter le soutien de l'Etat auprès de Frédéric Cuvillier, ministre délégué chargé des Transports, est demeuré prudent à sa sortie de l'entretien, qui a duré une heure et demie.

Outre la ligne SNCF Paris-Troyes et la mise au grand gabarit du canal de la Seine entre Bray-sur-Seine et Nogent-sur-Seine, c'est bien sûr la ligne SNCF Charleville-Givet qui, côté ardennais, intéressait les élus du département qui accompagnaient le chef de l'exécutif régional, à savoir le président du conseil général et sénateur Benoît Huré, le député Christophe Léonard et le maire de Givet Claude Wallendorff. « Une délégation pluraliste et unie » a insisté Jean-Paul Bachy à dessein : « De quoi surprendre et peut-être impressionner le ministre. Car c'est assez rare que dans une région, les élus dépassent les clivages et souhaitent ainsi jouer collectif… » Il a été rappelé à Frédéric Cuvillier le caractère essentiel de la ligne dite de la Vallée, avec 900 000 voyageurs annuels et 17 trains allers-retours par jour. « Des chiffres qui parlent quand on ajoute ensuite, hélas, qu'en vingt ans, le trajet est passé de 55 minutes à une heure et quart. »

« Dossier prioritaire »

Selon le président de Région, le ministre « a pris conscience de l'enjeu. Il s'est aussi engagé à prendre contact avec les autorités belges et wallonnes pour apprécier leur volonté de prolonger cette liaison jusqu'à Dinant, car il y a possibilité de rabattre du trafic transfrontalier… »

Reste le nerf de la guerre… Avant l'élection présidentielle, la direction de Réseau Ferré de France avait chiffré à 110 millions la remise en état de la ligne (tellement détériorée qu'en certains endroits la vitesse est limitée à 10 km/h) avec une option de 60 millions en sus pour qu'elle soit plus performante encore.

« Le ministre a pris l'engagement de plaider le dossier auprès de RFF, responsable de la détérioration de l'infrastructure dont il est gestionnaire. Frédéric Cuvillier est d'accord pour considérer que c'est prioritaire. Bref, il faut que le dossier soit en haut de la pile » a conclu Jean-Paul Bachy, qui a insisté sur la nécessité, pour les élus concernés, de demeurer solidaires et actifs. Et sans attendre de remonter au créneau, forts du soutien ministériel, en direction de RFF.

Sachant, évidemment, que plus la part de la facture prise en charge par RFF sera importante, plus cela déchargera le contribuable régional et départemental. Qui a déjà financé une partie des remises en état ponctuelles, et le renouvellement matériel roulant.

Philippe MELLET Journaliste L’Union L’Ardennais