Dans la Presse - Stationnement : la parole aux conseillers généraux

Ils se partagent la place Ducale. L’un, Boris Ravignon, est conseiller général UMP de la moitié ouest (Charleville-La Houillère), l’autre, Christophe Léonard, est conseiller général PS de la moitié est (Charleville-centre). Nous leur avons demandé ce qu’ils pensaient du nouveau plan de stationnement.

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Etes-vous favorable à l’interdiction totale du stationnement sur la place Ducale ? Si oui, la date du 1er mars 2009 vous paraît-elle bien choisie ?

Boris Ravignon : « Je n’y suis pas favorable tant qu’on n’a pas construit un nombre suffisant de places de parking à proximité. Concernant la date, j’observe qu’il y a déjà eu un premier report. Mais c’est encore trop tôt, dans la conjoncture actuelle. Il y a 600 emplois dans le secteur de la place Ducale et des rues adjacentes. Et quand les commerçants disent qu’ils vont subir une perte de 30 % de leur chiffre d’affaires, la mairie ne dit pas non, elle ne peut pas dire non ».

Christophe Léonard : « Je crois qu’il faut se garder de toute réponse dogmatique en la matière. Je ne suis pas un partisan de l’immobilisme. Cependant, la conjoncture économique actuelle doit nous inciter à la prudence. Le contexte a changé. La possibilité de décaler le calendrier, si les conditions l’exigent, doit par conséquent rester une hypothèse de travail, comme la faculté de faire évoluer le dispositif et de l’ajuster si les résultats attendus ne sont pas au rendez-vous. Je fais confiance au réalisme de la majorité municipale pour cela ».

L’ouverture du parking souterrain est-elle selon vous une bonne chose ?

Boris Ravignon : « Oui ,mais ce n’est pas suffisant. On ne retrouve pas le nombre de places que l’on avait auparavant. Le futur hôtel, par exemple, va déjà prendre une cinquantaine de places dans ce parking. La ville a été obligée de faire des conditions ultra-favorables au concessionnaire. Au moment où le parking ouvre, on crée 600 places de stationnement payant supplémentaires et on augmente les tarifs de 30 %. Drôles de coïncidences, non ? ».

Christophe Léonard : « Ce parking va permettre l’accès à 400 places idéalement situées en plein centre-ville, sur la ZAC Montjoly, où l’activité du multiplexe sera bientôt renforcée par un bowling et un restaurant ».

Pseudo-concertation

Que pensez-vous globalement du nouveau plan de stationnement ?

Boris Ravignon : « Il est insuffisant sur le centre-ville, comme il est insuffisant sur Mézières. Je pense notamment aux gens qui vont travailler à la cité administrative tous les jours. Le plan de déplacement urbain va sans doute prévoir une nouvelle organisation du transport en commun, mais cela va se faire sur le long terme ».

Christophe Léonard : « La réflexion sur le stationnement en cœur de ville doit continuer. Le parking rue Madame-de-Sévigné, comme celui de la CCI, avenue Jean-Jaurès, ne manquent pas d’atouts. Les aménagements futurs du secteur Corvisart offriront également des perspectives. L’implantation d’arrêts minute supplémentaires en zone rouge, les contraintes des riverains et des employés de l’hypercentre, ainsi que l’expérimentation d’une desserte des parkings proches de la place Ducale par une navette, le samedi, doivent encore être approfondies ».

Estimez-vous que les commerçants ont été suffisamment associés à l’élaboration de ce nouveau plan ?

Boris Ravignon : « Il y a eu une pseudo-concertation. Les commerçants de la place Ducale voulaient bien réfléchir à l’idée de faire une belle place, mais ils ont vu que l’échéance était fixée et qu’on les consultait pour la forme. Ce qui m’inquiète plus, c’est tous ceux qu’on ne voit pas : les serveurs, les employés ».

Christophe Léonard : « Une chose est sûre, l’inquiétude des commerçants et d’une partie importante de la population est forte et compréhensible. L’enjeu est de taille, car l’hypercentre emploie plus de 1.000 salariés. Les commerçants ne sont pas les seuls concernés par cette évolution. Les riverains, les employés du centre-ville, les clients, les touristes sont également à prendre en considération. Des réunions ont été organisées pour les commerçants. Des suggestions ont été retenues, d’autres non. Je souhaite que le dialogue et la concertation continuent ».

Démocratie participative

Si vous étiez aux commandes, à la mairie, que feriez-vous ?

Boris Ravignon : « J’aurais d’abord discuté pour définir précisément un projet visant à rendre la place Ducale aux Carolomacériens, en y supprimant le stationnement et la circulation. Un parking souterrain sous la place Ducale était techniquement réalisable. A Lyon, il y a des parkings en bord de fleuve. On aurait pu imaginer aussi de détourner complètement le trafic automobile ou de le faire passer en sous-sol. Et on faisait avancer la demande de classement de la place au patrimoine mondial de l’Unesco. Dans l’option retenue, l’environnement ne sort pas gagnant, puisqu’on supprime le stationnement mais, qu’on continue à faire tourner des voitures sur la place. C’est un projet qui doit être à échéance de deux ou trois ans. Là, on se précipite parce qu’il y a l’ouverture du parking souterrain ».

Christophe Léonard : « Je ne suis pas conseiller municipal de Charleville-Mézières. Les élus municipaux sont les seuls décideurs. A cet égard, la démocratie participative sous toutes ses formes, par l’expertise citoyenne qu’elle apporte et par sa valeur ajoutée

Bernard Giraud Journaliste L'Union L'Ardennais