Dans la Presse : Subventions au sport - Le haut niveau fait débat

Le soutien au sport de haut niveau et l'avenir du laboratoire départemental d'analyses ont largement alimenté les débats, à l'occasion de la session budgétaire qui s'est achevée mercredi soir.

stade dugauguez

Le rapport consacré au sport et à la jeunesse, et notamment le soutien aux clubs de renom national, a toujours suscité des débats passionnés au sein de l'assemblée départementale.

La session budgétaire qui vient de s'achever n'a pas échappé à la règle. Christophe Léonard (PS, Charleville-centre) a été le premier à monter au créneau.

« Vous nous proposez de porter la subvention du CSSA à 1 000.000 d'euros, soit 25 % de plus par rapport à la décision modificative de septembre dernier et 284 % de plus par rapport au budget primitif 2009. Vous nous proposez de ne pas toucher à la subvention du Roller Hockey Rethel Ardennes, mais par contre de baisser de 25 % les subventions allouées à L'Etoile et aux Flammes. Je ne vous cache pas qu'il faudra user de beaucoup de persuasion pour me faire croire que cette proposition est logique, pragmatique et cohérente. »

Christophe Léonard a donc proposé au président de ramener de 1 625 000 euros à 1 400 000 euros le soutien aux clubs de renom national en baissant la subvention au CSSA et en maintenant les subventions aux deux clubs de basket à leur niveau de 2009.

« J'ai l'impression qu'on joue un peu au yo-yo avec les subventions aux clubs de renom national », a renchéri de son côté Didier Herbillon (PS, Sedan-Est), qui a demandé un vote séparé sur ce point.

Soumis aux voix, ce soutien aux clubs de haut niveau a été adopté à la majorité, huit abstentions et trois voix contre : celles de Christophe Léonard, Michel Sobanska (UMP, Rocroi) et Evelyne Welter (divers droite, Sedan-Nord).

Divergences d'analyses

L'opposition a également fait entendre sa différence lors de l'examen du rapport consacré au laboratoire départemental d'analyses, qui emploie une trentaine de personnes, et pour lequel il était demandé aux élus d'approuver le vote d'une subvention d'équilibre de 735 194 euros pour 2010.

Bruno François (PS, Mézières-Est) a donné le ton en suggérant de réfléchir à l'abandon pur et simple de cet équipement. Christophe Léonard a lui aussi dénoncé le déficit structurel de ce laboratoire et a estimé, tout comme son collègue, que la question de la fermeture de cet équipement était clairement posée aujourd'hui.

« Je suis étonné que des gens qui défendent à cors et à cris le service public veuillent fermer brutalement ce laboratoire », a ironisé Michel Sobanska (UMP, Rocroi), tandis que Jean Verzeaux (UMP, Juniville) rappelait que la profession agricole avait été bien contente de trouver ce laboratoire dans certaines périodes difficiles, comme la crise de la vache folle.

Les stratégies mises en œuvre pour tenter de trouver de nouveaux marchés n'ont pas convaincu Christophe Léonard qui a demandé qu'un bilan à six mois soit présenté lors de la prochaine décision modificative et qui a annoncé que son groupe s'abstiendrait.

« Sur ce dossier, s'abstenir ne veut rien dire. Il y a un risque à prendre. Est-ce qu'on le prend ou est-ce qu'on ne le prend pas ? », a alors demandé Benoît Huré.

« C'est une abstention d'extrême vigilance », a répondu Christophe Léonard.

« Vous ne voulez pas prendre le risque d'essayer de sauver ce service public, dites-le. Si on ne vote pas les crédits, on arrête le laboratoire demain », a rétorqué le président du conseil général.

Comme elle l'avait annoncé, l'opposition s'est cependant abstenue sur ce rapport.

Bernard Giraud Journaliste L’Union L’Ardennais