Dans la Presse : Transports scolaires

Benoît Huré a créé la surprise, hier matin, en faisant une nouvelle proposition à propos de la prise en charge des transports scolaires.

transport scolaire

L'opposition avait fourbi ses armes. Les syndicats et les parents d'élèves avaient tenté (sans grand succès, il faut bien le dire) de mobiliser leurs troupes. Benoît Huré les a tous pris de court en annonçant d'emblée que le rapport soumis aux élus, à propos de la tarification des transports scolaires, allait finalement être amputé des deux tiers. Dès l'ouverture de la séance, le président a proposé en effet d'appliquer cette nouvelle tarification aux seuls lycéens et de remettre à plus tard les modalités de financement du transport scolaire des maternelles, des primaires et des collégiens.

En expliquant qu'à la faveur des contacts qu'il avait eus avec différents responsables de communautés de communes et de syndicats intercommunaux, il avait senti un « intérêt très grand », de la part de ces responsables, pour la prise en charge de la problématique de la mobilité des personnes sur leurs territoires, au-delà donc du seul transport des scolaires.

« Si les communautés de communes ou syndicats intercommunaux se saisissent de cette action volontaire », a expliqué Benoît Huré, « en assurant notamment les transports scolaires, avec, bien sûr, l'accompagnement financier du conseil général, le coût résiduel à la charge des utilisateurs pourrait, grâce à la rationalisation des moyens mis en œuvre, rester forfaitaire et symbolique ».

D'où sa proposition de ne rien changer pour la prochaine année scolaire en ce qui concerne le transport des maternelles, des primaires et des collégiens et de se laisser le temps nécessaire, un an s'il le faut, pour aboutir à de nouvelles modalités de prise en charge de cette catégorie d'élèves.

Onze voix contre

Cette nouvelle donne, on s'en doute, a suscité de nombreux commentaires, puisque pas moins de seize conseillers se sont exprimés sur le sujet. « Vous nous sortez un lapin du chapeau », a commenté Pierre Pandini (divers gauche, Mézières centre-ouest), tandis que Didier Herbillon (PS, Sedan-Est) reprochait au président de passer la patate chaude aux communautés de communes. Christophe Léonard (PS, Charleville-centre) a dénoncé, quant à lui, le fait qu'il n'y ait eu « aucune concertation ouverte, sereine et sérieuse » et l'absence d'une étude d'impact sur les conséquences pour les transporteurs, en rappelant, au passage, que les transports scolaires représentaient 80 % des recettes de la RDTA.

A l'issue des débats, le président Huré a donc soumis au vote un projet de tarification du transport scolaire pour les seuls lycéens, avec un tarif dégressif allant de 200 euros par an pour les foyers dont le quotient familial est supérieur à 30.102 euros à 50 euros par an pour ceux dont le quotient familial est inférieur à 8.338 euros.

« Cette proposition de faire payer les lycéens, vous l'aviez déjà faite », a commenté Didier Herbillon. « Vous faites machine arrière parce que vous n'avez pas de majorité au sein de votre groupe ».

Le porte-parole de l'opposition a finalement été contredit par le résultat du vote, puisque le rapport ainsi modifié a été adopté par 25 voix. Seuls les dix membres de l'opposition présents et Abellino Poletti ont voté contre.

Bernard Giraud Journaliste L’Union L’Ardennais