Dans la Presse : Trois questions à Christophe LEONARD

« Valls renforce le FN »

LE DEPUTE SOCIALISTE DES ARDENNES Christophe Léonard est l’un des « frondeurs » opposés à la politique menée par Manuel Valls.

CL

Qu’allez-vous voter demain ?

Je n’exprimerai aucune position avant le prononcé du discours du Premier ministre. En avril dernier, j’avais voté la confiance en évoquant une confiance vigilante. Cinq mois après, elle a été déçue.

Pourquoi ?

Le gouvernement traite toutes les entreprises de la même façon. Pr, quel rapport y a-t-il entre les grands groupes du CAC 40, le plus souvent apatrides, et les petites PME des vallées ardennaises ? Je n’ai pas le sentiment que le président du Médef, Pierre Gattaz, soit le porte-parole des unes et des autres. Pour les grosses entreprises, 40 milliards, c’est de l’argent de poche. Est-ce que ça n’empêche pas de donner davantage à celles qui en ont vraiment besoin et qui sont en concurrence internationale ? Et tout cela, pour quelles contreparties ? On entendait M. Gattaz évoquer, il n’y a pas si longtemps, la création d’un million d’emplois. Il fait aujourd’hui machine arrière. Il est sorti du donnant donnant, mais Manuel Valls continue à lui faire les yeux doux. On n’arrivera pas à me convaincre que rogner le code du travail et notre modèle social est un gage de modernité. A force d’aimer tout le monde le monde, les entreprises, les salariés, peut-être que Manuel Valls n’aime finalement que lui-même. Moi j’attends de lui qu’il construise une majorité politique en cohérence avec le contrat de confiance scellé avec les Français en 2012. Il faut revenir à l’essentiel : le redressement productif, l’éducation, la lutte contre les inégalités, la réorientation européenne.

Selon Manuel Valls, l’alternative est entre son projet politique et le Front national. Il a tort ?

En disant cela, je crois qu’il renforce au contraire le FN. Le premier ministre ne réussira pas sans la gauche. Il existe à l’Assemblée nationale une majorité naturelle, née du scrutin de 2012. C’est donc avec elle qu’il faut construire une synthèse politique. Sortons des dramatisations excessives et des caricatures outrancières. Il ne faut viser qu’une seule chose : le redressement productif dans la justice. A cet effet, les 34 plans de reconquête industrielle et les 14 filières d’avenir présentés par Arnaud Montebourg doivent être notre boussole. Mais moi, mon projet, ce n’est pas de revenir à la France du XIXe siècle.

L’Union L’Ardennais - 15 09 2014