Dans la Presse : Tuberculose bovine : fin de l'abattage systématique des troupeaux

Suite à une proposition de Christophe Léonard, le ministre de l'Agriculture accepte d'étendre, aux Ardennes, une expérience menée depuis cinq ans en Dordogne et en Côte-d'Or. Elle consiste à ne plus décimer les troupeaux entiers si un cas de tuberculose bovine est découvert.

vaches

Lorsqu'on sait dans quel état de détresse sont plongés des éleveurs qui, du jour au lendemain, voient partir toutes leurs bêtes à l'abattoir, on mesure l'importance de la réponse qui vient d'être apportée, à l'Assemblée nationale, par Stéphane Le Foll, au député socialiste de la deuxième circonscription.

Après une dizaine d'années sans cas de tuberculose bovine dans le cheptel ardennais, notre département a connu, coup sur coup, quatre foyers de la maladie en moins d'un an : trois dans le Vouzinois (Semide, Contreuve, Sugny), un dans le Sedanais (Chéhéry).

Le protocole très strict mis en place a provoqué la mort de 550 bovins.

Sensibilisé à ces questions ce printemps, suite à la mise en place d'une cellule de suivi spécifique en préfecture, le député Christophe Léonard a rencontré des représentants d'éleveurs (Chambre d'agriculture, FDSEA…).

« J'ai pris la mesure des difficultés qu'ils rencontrent. Il y a d'une part un traumatisme psychologique, d'autre part des problèmes financiers liés à l'indemnisation. Un des éleveurs par exemple n'a été indemnisé qu'en février 2013, alors que son troupeau avait été abattu en août 2012. »

Ne plus tuer des animaux sains

Les conséquences financières pour l'État ne sont pas neutres non plus : le député de la Pointe rappelle que le protocole actuel, et en particulier l'abattage systématique, « coûte environ 15 millions d'euros à l'État ». Le tout « sans garantir nullement l'éradication de la maladie »

Mardi soir, dans l'Hémicycle, Christophe Léonard a donc demandé au ministre, Stéphane Le Foll, d'étendre, au département des Ardennes, une expérience menée, depuis le 4 septembre 2008, dans les deux départements les plus touchés (la Dordogne et la Côte-d'Or).

Au lieu d'abattre tout le troupeau, il s'agit, explique le député, de « mettre en place un abattage sélectif, subordonné à un contrôle des animaux par tuberculination et Interféron Gamma ». Concrètement, au lieu d'abattre toutes les bêtes et de s'apercevoir, lors d'analyses post mortem, qu'elles étaient en parfaite santé, chaque bête sera surveillée de (très) près, après la découverte d'un animal malade. Une nouvelle qui doit encore être mise en place sur le terrain, mais qui va, d’ores et déjà, rassurer les éleveurs ardennais. Pour mémoire, les Ardennes comptent presque 1 800 éleveurs et environ 260 000 bovins.

Guillaume Lévy Journaliste L’Union L’Ardennais