Dans la Presse : Un comité de défense pour la ligne Charleville-Givet

Un comité de défense pour la ligne Charleville-Givet La remise aux normes de la ligne la plus empruntée de la région est au point mort. Cheminots et syndicats veulent mener des actions concrètes.

Ligne-Charleville-Givet

Récemment un comité de défense pour la Iigne Charleville-Givet s’est mis en place. Face au manque de réaction, cheminots, syndicats et associations souhaitent se battre ensemble. Vendredi 25 octobre, les élus, députés, associations et tous ceux qui le veulent sont invités à se réunir afin de former ce comité. Alain Janvre, secrétaire à la Confédération générale du travail (CGT) et cheminot, présente le concept.

La Semaine des Ardennes : pourquoi créer ce comité ?

Alain Janvre: Avec d’autres syndicats et cheminots, nous nous sommes dits que c’était Important que tout le monde travaille dans le même sens pour la rénovation totale de Ia ligne. Actuellement, chacun travaille de son côté, notamment les financeurs comme le Conseil général. La ligne est toujours en sursis.

Depuis quand parle-t-on de rénovation pour cette ligne?

Cela fait au moins cinq ans qu’on parle réellement du besoin de restaurer complètement cette ligne. Il y a trois, ans, lorsque les Ardennes ont connu de fortes neiges, de 30 à 50 cm par endroits, la ligne Charleville-Givet a dû etre stoppée pendant huit jours. Les cheminots l’ont eu mauvaise, ça n’était jamais arrivé auparavant. On s’est bien rendu compte que la RFF (Réseau ferré de France) a trop négligé cette ligne.

Qui l’entretient ?

II y avait des brigades d’entretien dans presque toutes les gares. Aujourd’hui, il n’en reste plus que deux : Revin et Charleville. La ligne et les rails étaient bien entretenus, les arbres coupés, etc. Ce n’est plus le cas maintenant.

Qu’est-ce qui vous fait penser qu’aujourd’hui la ligne sera prise en considération par l’Etat ?

Parce qu’il ne nous a pas beaucoup entendu jusque-là. Il Y a quelque temps, Frédéric Cuvillier, ministre des transports a informé que les lignes TGV (trains à grande vitesse) n’étaient plus prioritaires et que, par conséquent, certaines voies de chemins de fer avaient besoin d’être rénovées. Christophe Léonard, député des Ardennes, a profité de cette annonce pour demander si celle de Charleville-Givet bénéficierait de travaux. Malheureusement, notre ligne ne fait pas partie des priorités de l’État.

Vous souhaitez mener des actions marquantes ?

Si les élus, associations, députés, cheminots et syndicats se réunissent, on peut mettre des choses en place. Cela fait plusieurs années que les cheminots se battent pour cette ligne. Aujourd’hui, aucune action n’est prévue, nous verrons cela lors de notre réunion.

Des gares sont-elles menacées ?

Je pense que la gare de Vireux-Molhain serait la prochaine fermée si une gare doit l’être. Ils veulent adapter des horaires un peu particuliers, sous forme de rendez-vous, de cette manière ils en viendront à la fermeture puisque de moins en moins de gens s’arrêteront là-bas. Il est important de mettre des choses en place afin de pérenniser la ligne Charleville-Givet. Ils ont fait Ia même chose avec la ligne de chemin de fer Chalon-Verdun qui était délabrée. Actuellement les voyageurs sont transportés en bus, la ligne est fermée. Aujourd’hui, 900 000 voyageurs empruntent la ligne ardennaise, pour la plupart, ce sont des lycéens et étudiants, si le train ne passe plus, c’est la catastrophe pour eux.

Beaucoup de gens sont alors concernés par cette ligne ?

Avec l’augmentation du chômage et les services publics qui ferment, les chômeurs qui sont dans ., obligation d’ aller à Charleville pour des rendez- vous ou des entretiens et prennent le train. Ils ont des abonnements qui leur permettent de se déplacer. S’ils ne peuvent plus utiliser le train, je ne sais pas comment ils viendront à Charleville. À l’échelle des communes, c’est une vingtaine de villes qui sont concernées, environ.

Pourquoi cette ligne met-elle tant de temps à être rénovée ?

Le coût. Cette ligne de chemin de fer représente environ 110 millions d’euros de travaux. Pourquoi ? Pour la simple raison qu’il y a des tunnels et qu’elle se trouve en bordure de roche. Les coûts sont plus importants puisque les travaux sont plus conséquents. De plus il y a tout à refaire de A à Z … d’où cette difficulté à obtenir satisfaction.

Laura Probin Journaliste La Semaine des Ardennes