Dans la presse : Un repreneur finlandais pour sauver KME

Un accord de principe a été signé vendredi pour la reprise, par le groupe Cupori, du site givetois de KME avec 214 salariés, sans perte de salaire.

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C’est une nouvelle page industrielle qui s’ouvre pour ce site qui a plus de 200ans d’activité. » Hier après-midi, syndicalistes et élus affichaient un sourire franc devant l’usine KME de Fromelennes. L’annonce venait d’être faite aux salariés : un accord de principe a été signé vendredi. Il prévoit la reprise par le groupe finlandais Cupori - leader des tubes de plomberie sur les marchés nordiques et tubes industriels en Europe - de KME France, et plus particulièrement du site givetois avec 214 salariés. Et « sans baisse de salaire », insiste Rachid Belkebir, le représentant de l’intersyndicale. « Ça a été super bien accepté par le personnel qui a applaudi à la fin », se réjouit-il avant de nuancer : « Maintenant tout est à construire, à formaliser , autour de la fonderie de Givet. » Un accompagnement financier sera assuré par le groupe KME pendant trois années. Le représentant de la CGT, Grégory Bertrand, bien que satisfait de la tournure prise par les discussions, reste prudent. « Je pense qu’il y a encore quelques défauts dans ce projet, en particulier sur l’investissement sur lequel nous n’avons aucune garantie et qui est pour nous le seul moyen de se positionner dans le futur. » Un point sur lequel insiste également René Choin, le vice-président de la communauté de communes chargé de l’économie et ancien directeur de la production de KME. « Le projet semble contenir des éléments de pérennité, mais il faudra que la nouvelle entité intègre une part importante d’innovation et de recherche. »

QUARANTE-NEUF DÉPARTS

Le projet prévoit la suppression de 49 postes. Un nombre moins important que les 57 annoncés au début des discussions. « La position prise et les négociations menées font que le personnel est disposé aujourd’hui, même s’il faut faire des ajustements, à poursuivre l’aventure », commente le syndicaliste. D’autant qu’une grosse cinquantaine de salariés pourrait partir en préretraite. « Nous essayons de faire en sorte qu’aucun départ ne soit contraint. »

La prochaine étape sera la signature, par l’ensemble des syndicats, de l’accord majoritaire le 20 novembre, « pour mettre en œuvre le projet, le confirmer juridiquement et le valider ». « Les premières modalités de départ pourront se faire après cette date ou début janvier. »

« Même s’il reste beaucoup de questions à travailler, l’avenir est bien plus rose qu’il y a cinq mois pour les salariés de l’usine », se réjouit le maire de Fromelennes, Pascal Gillaux. Même discours pour le député Christophe Léonard qui salue « la mobilisation, la détermination et l’intelligence » des représentants syndicaux qui ont « permis des négociations ouvertes mais fermes » et des salariés qui ont continué à travailler « dans un contexte difficile». « On est en passe d’arriver à l’aboutissement d’un travail vieux de trois ans. Une nouvelle page s’ouvre, maintenant il faut l’écrire. Aujourd’hui, on n’en est qu’aux premières lignes. »

Mélanie Desmarest, Journaliste L'Union - L'Ardennais, 10 11 15