Dans la Presse : Une délégation ardennaise reçue par le secrétaire d’État à la Ville

Le maire Érik Pilardeau et le député Christophe Léonard ont dévoilé samedi leur plan de bataille pour réintégrer la géographie prioritaire de la politique de la Ville.

CL & E.Pilardeau

Aux côtés du député Christophe Léonard, le maire de Bogny-sur-Meuse, Érik Pilardeau, a présidé samedi, en mairie, un point de situation auquel ont été invités à participer les élus bognysiens ainsi que plusieurs représentants associatifs, tels que le Bogny Handball, et le CCAS (centre communal d’action sociale).

Objectif de la réunion ? Informer l’assemblée de la rencontre prévue le 14 octobre, peu après 16 heures, avec le secrétaire d’État chargé de la politique de la Ville, Myriam El Khomri. Pour rappel, suite à la loi de programmation pour la ville et la cohésion urbaine du 21 février 2014, le ministère de la Ville avait annoncé une nouvelle géographie prioritaire de la politique de la Ville le 17 juin dernier et exclu les communes de Bogny-sur-Meuse, Fumay, Nouzonville et Revin en raison de nouveaux critères d’éligibilités.

Coup de massue

Un véritable coup dur pour ces communes ardennaises, pas franchement épargnées par le déclin économique, en particulier pour Bogny-sur-Meuse qui risque d’être privée des subsides nécessaires au projet de restructuration urbaine des quartiers Danton, Salengro et Tisserand, autour de la collégiale. Sans parler des activités qui, faute des subventions versées dans le cadre de la politique de la Ville ou du contrat urbain de cohésion sociale, sont purement et simplement menacées de disparaître.

« Quand on parle de politique de la Ville, ça peut paraître au-dessus des nuages. Or, pas du tout ! C’est bien d’emplois directs dans nos quartiers et d’actions concrètes en faveur de la population dont il s’agit », a tonné le maire, chez qui 35 % des ménages vivent sous le seuil de pauvreté. Les cités ardennaises ont été écartées de manière quelque peu surprenante, à en croire les explications livrées par Érik Pilardeau : « Ils ont établi un nouveau système de calcul basé sur un carroyage de 200 m de côté. Chaque carreau doit compter 1 000 habitants pour être éligible. Or, concernant Bogny-sur-Meuse, deux petits carreaux ne se touchaient pas, séparés par une rue. Il leur faut une continuité urbaine de 10 000 habitants mais on ne l’aura jamais dans les Ardennes, ne serait-ce qu’à cause de notre situation géographique, avec la Meuse qui nous traverse… »

Selon le premier magistrat, le ministère aurait pris conscience de son erreur et du fait que « des territoires dans le besoin » allaient sortir du dispositif à cause de ce nouveau mode de calcul.

Dix minutes pour convaincre

Rendez-vous a donc été pris à Paris par le député Léonard. Lui et les maires concernés rencontreront le secrétaire d’État avec un dossier solide sous le bras et beaucoup de détermination. « Si on nous demande de venir, ce n’est pas pour nous renvoyer avec une poignée de mains dans les Ardennes. Il va se passer quelque chose. Mais nous ne voulons pas d’un pistolet à un coup ni d’une solution bricolée pour 2015. Nous voulons pouvoir disposer d’une visibilité pour une gestion sur trois ans, au moins, afin que les opérateurs locaux puissent stabiliser leurs projets, leurs effectifs… », a averti le député Christophe Léonard.

Les élus ardennais n’envisagent pas de revenir les mains vides de leur déplacement à Paris. Il faudra être incisif, car ils n’auront qu’une dizaine de minutes pour convaincre.

Damien Engrand Journaliste L’Union L’Ardennais