Dans la Presse : Une séance sous haute surveillance

Les conseillers généraux ont commencé hier l'examen du budget primitif 2011. Sous le regard attentif de Claudine Ledoux, présente dans la tribune.

Journaux - Presse

De mémoire de conseiller général, on ne se souvient pas qu'un maire de Charleville-Mézières ait assisté depuis les tribunes à une séance plénière du conseil général. Aussi est-ce avec un étonnement parfois amusé que les élus de la majorité départementale ont découvert hier matin, à l'ouverture de la session budgétaire, que Claudine Ledoux, accompagnée de son premier adjoint Philippe Pailla, avait pris place au-dessus de leurs têtes.

Du coup, avant de commencer son discours d'ouverture, le président Benoît Huré, sans la citer, a souhaité la bienvenue « à toutes les personnes qui sont dans les tribunes ». Avant d'expliquer dans quel contexte économique national le projet de budget primitif 2011 du département avait été élaboré. En rappelant que la dette publique avait été multipliée par 18 en 30 ans et que l'État était aujourd'hui contraint de réduire ses dépenses de façon drastique et donc de geler une grande partie de ses dotations.

Prêts pour l'alternance

En dépit de ce contexte préoccupant, Benoît Huré a souhaité proposer un budget pour 2011 qui soit « le plus dynamique possible », avec un effort particulier en matière d'investissement, « afin de soutenir l'activité économique locale ».

C'est ainsi que les dépenses d'investissement prévues de l'ordre de 70 millions d'euros, « bien au-dessus des collectivités de taille comparable », a rappelé le président, en précisant que le financement de ces investissements sera assuré par un recours à l'emprunt à hauteur de 63 millions d'euros.

« Comment accepter que nos investissements se fassent presque intégralement par le recours à l'emprunt ? », s'est offusqué Pierre Pandini (divers gauche, Mézières centre-ouest), en dénonçant le fait que la gestion des départements échappe de plus en plus aux conseils généraux et pour qui il faut donc exiger de l'État « une compensation financière substantielle ».

Erik Pilardeau (PS, Monthermé) a dit sensiblement la même chose en évoquant le fonds d'urgence de 150 millions d'euros en faveur des départements qui cumulent un certain nombre de handicaps. « Ce n'est pas de charité dont ont besoin les départements en difficulté, mais de véritable solidarité », a stigmatisé l'élu de la Vallée.

Après avoir dénoncé lui aussi un recours à l'emprunt qui fera passer la dette par habitant près de 30 % au-dessus de la moyenne nationale, Christophe Léonard (PS, Charleville-centre) a défendu une nouvelle approche de la politique départementale qui s'appuierait prioritairement sur les intercommunalités. Avant de conclure par un appel très politique « aux électrices et aux électeurs ardennais » dans la perspective des cantonales de mars 2011 : « Nous sommes prêts à l'alternance politique et démocratique pour une gestion différente du conseil général des Ardennes ».

Bernard Giraud Journaliste L’Union L’Ardennais