Dans la Presse : Vente des Poursaudes - un huissier au conseil général

Le ton monte dans l'affaire de la vente du golf des Poursaudes par le conseil général.

golf des poursaudes 2

Bernard Deom, le patron de la société de pyrotechnie Euro Bengale, n'apprécie pas, en effet, de jouer le dindon de la farce.

Rappelons que depuis deux ans, ce patron ardennais galère pour boucler un dossier lourd administrative-ment comme financièrement (60.000 euros d'études diverses), qui se traduirait par la création d'une quinzaine d'emplois : le déménagement de sa société de Sauville à Singly, sur un terrain proche du golf et appartenant, lui aussi, au département.

Alors qu'il se trouvait sur le point d'aboutir, Bernard Deom a appris que, finalement, le conseil général ne souhaite plus lui vendre le terrain en question : la proximité d'un dépôt de feux d'artifice est jugée incompatible avec le projet du repreneur du golf retenu par les services départementaux.

« Le conseil général m'a pourtant signé une promesse de vente », rappelle le patron d'Euro Bengale, « la loi est valable pour tous, y compris les conseillers généraux, et je compte bien faire valoir mes droits ». C'est ainsi qu'en fin de semaine, un huissier s'est rendu au siège du conseil général : « Il leur a notifié qu'ils avaient jusqu'au 30 septembre pour s'exécuter », explique Bernard Deom. « Si, dans une semaine, le département n'a pas validé sa promesse de vente, je porte l'affaire en justice ».

Par ailleurs, au sein même du conseil général, l'opposition s'interroge sur la manière dont le choix du repreneur des Poursaudes a été effectué.

Pour mémoire, un investisseur ardennais a en effet monté un dossier donnant toutes les garanties de sérieux et qui, pour autant, ne condamne pas le projet d'Euro Bengale.

Les élus d'opposition ont noté que c'est la commission d'appel d'offres qui s'est chargée de faire le choix entre les repreneurs. Or « si cette commission est compétente en matière d'achat, elle ne l'est nullement quand il s'agit de vente », rappelle le porte-parole du groupe PS et divers gauche. Les élus en question auraient préféré que ce dossier soit étudié par une autre commission, celle des affaires économiques, voire la commission permanente, mais, surtout, « que les deux porteurs de projet puissent être entendus. Une fin de non-recevoir nous a été signifiée, au prétexte que ce type d'affaires réclamait une certaine confidentialité ».

Et logiquement, l'opposition demande à ce « qu'enfin l'assemblée départementale puisse bénéficier d'une présentation complète des deux dossiers considérés. Il en va de l'intérêt des Ardennes et des Ardennais, mais aussi du respect du suffrage universel ».

J.-C. Roussel Journaliste L'Union L'Ardennais