Libre expression du PS et DVG : Pour une autre politique de santé

Le 10 février, l’Assemblée départementale était appelée à rendre un avis sur le Projet Régional de Santé (P.R.S.) Champagne-Ardenne 2012-2016 porté par l’Agence Régionale de Santé.

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Ce P.R.S. constitue la déclinaison régionale de la politique nationale de santé.

Assurer l’adéquation entre les besoins de santé des populations, le système de santé dans toutes ses dimensions (soin, prévention et médico-social) et les moyens financiers y afférents relève en effet de la responsabilité de l’Etat.

Or, la loi « Hôpital, Patients, Santé et Territoires » du 21 juillet 2009 tourne ouvertement le dos au principe de service public hospitalier pour lui substituer celui de missions de service public auxquelles est associé de plein droit le secteur privé commercial, et remplace les termes « hôpital public » et « clinique privée à but lucratif » par celui plus flou « d’établissement de santé ».

Dès lors, le P.R.S. peut-il répondre aux besoins des personnes et des territoires dans le cadre d’une politique nationale dont le seul objectif est la recherche d’une rentabilité à court terme ?

L’absence de chiffrage financier de ce P.R.S. tant en ce qui concerne les moyens humains, financiers et techniques apparaît comme un aveu de l’impasse de la démarche.

S’agissant des Ardennes, il est à noter que :

  • l’espérance de vie y est inférieure de 2,7 ans pour les hommes et de 1,7 ans pour les femmes par rapport à la moyenne nationale,
  • la densité ardennaise en médecins généralistes est de 132 pour 100 000 habitants et celle des spécialistes de 81 pour 100 000 habitants contre respectivement 147 et 137 au niveau national,
  • le taux ardennais d’équipement en places autorisées d’hébergement médicalisé pour personnes âgées est de 102,7 pour 1000 habitants contre 113,5 au plan national.

La lecture du P.R.S. 2012-2016 n’apporte malheureusement aucune réponse à cette réalité sociale.

A titre d’exemple, l’avenir des hôpitaux de Charleville-Mézières, Sedan, Vouziers, Rethel, Nouzonville et Fumay y apparait clairement menacé.

En conclusion:

Le Groupe Socialiste et divers gauche considère que la politique de santé doit demeurer une politique régalienne pour garantir à toutes et à tous un accès aux soins équitable sur l’ensemble du territoire s’appuyant sur les besoins des populations.

Nous avons par conséquent rendu un avis défavorable sur le P.R.S. Champagne- Ardenne 2012-2016.

Le Groupe Socialiste et divers gauche

Claude Ancelme, Christian Apotheloz, Gérard Drumel, Bruno François,

Bertrand Jenin, Christophe Léonard, Rachelle Louis, Hugues Mahieu,

Jacques Morlacchi, Erik Pilardeau, Dominique Ruelle, Benoît Sonnet