Mes prises de parole : Décision budgétaire modificative n°1 pour 2010

DEBAT D’OUVERTURE

Pour le Groupe Socialiste et Divers gauche

CL  prise de parole CG

Monsieur le Président,

Je voudrais tout d’abord regretter publiquement l’absence dans les rapports reçus pour cette DM1 du bilan d’activité à 6 mois du Laboratoire départemental d’analyse et de l’étude de compétitivité des tarifs pratiqués par cette structure que le Groupe Socialiste et Divers gauche avait demandé le 31 mars dernier en prononçant une abstention d’extrême vigilance lors du vote sur le Budget annexe du laboratoire, dont je rappelle à l’Assemblée qu’il emploie plus de 30 agents et enregistre depuis plusieurs années un déficit structurel estimé à -735 000 € rien que pour 2010.

Concernant les dossiers inscrits à l’ordre du jour de cette DM1, il est frappant de constater, Monsieur le Président, que vous ne nous proposez rien de chiffré et de concret sur les Classes à Horaires Aménagés Musique (C.H.A.M.) comme sur la réalisation de la future salle de basket et la participation de notre collectivité aux travaux de mise en sécurité du Théâtre de Charleville-Mézières, si ce n’est de vous en remettre aux débats qui vont se tenir dans cette hémicycle.

Pourtant, vous savez comme moi, Monsieur le Président, que ce n’est pas en Assemblée plénière où les prismes locaux s’entrechoquent que l’on peut conduire dans la sérénité ce travail de réflexion.

Pour tout vous dire, la conduite de notre collectivité m’apparaît être à courte vue.

J’ai en effet l’impression que l’on avance plus au coup par coup que dans une stratégie clairement établie.

A cet égard, la méthode utilisée pour cette DM1 est peu banale car en général l’Autorité territoriale d’une collectivité se forge une conviction, la soumet au débat de sa majorité pour arbitrage et vient ensuite devant l’Assemblée délibérative avec un dossier balisé.

Dans ce qui nous est proposé, rien de tout cela !

Doit-on par conséquent en conclure, Monsieur le Président, que vous n’avez plus de majorité ou bien sommes nous devant une stratégie politique tellement subtile que personne n’y comprend plus rien. Dans la situation économique et budgétaire que connaît le département, construire l’avenir des Ardennes doit mobiliser toutes les énergies, mais pour cela il faut savoir fixer un cap, avec des objectifs partagés et des critères financiers d’intervention transparents et stables sur la durée.

A l’inverse, nous sommes confrontés systématiquement à des concepts mouvants. Aujourd’hui, pour les piscines, on nous sort du chapeau la logique des villes Sous-Préfectures comme critère d’éligibilité et d’aménagement du territoire. En mars dernier, pour la salle de basket, était inventée la participation financière non plus sur le coût global du projet, comme on le fait généralement, mais sur le solde déduction faite des aides reçues des autres financeurs.

Ainsi, plutôt que d’intervenir sur 50% de 5800000 HT, vous nous proposiez d’arrêter éventuellement notre participation à 50% du solde, soit en fait à 31,5% du coût global. Ce qui n’est assurément pas la même chose pour le porteur de projet concerné.

A l’évidence, ces critères à géométrie variable ne constituent pas une politique de long terme.

Monsieur le Président, en période de crise, j’ai la conviction que les acteurs économiques privés comme publics de notre département ont besoin de cohérence et d’anticipation !

On doit savoir où l’on va et comment on y va !

Certes, la situation financière difficile de notre département, conséquence directe de la non compensation par l’Etat des compétences qu’il nous a transférées, nous oblige à des adaptations budgétaires.

Cependant, il n’est pas acceptable de laisser des porteurs de projets s’engager dans des opérations avec l’assurance objective du soutien financier de notre collectivité pour ensuite leur dire que aucune délibération n’ayant été prise et aucun arrêté de subvention délivré, la participation du Conseil Général des Ardennes n’est plus d’actualité ou qu’elle sera réduite à la portion congrue.

La parole du Conseil Général des Ardennes si elle veut être forte, Monsieur le Président, doit être respectée et cela doit se faire en responsabilité et en accord avec nos partenaires pour déterminer ensemble les conditions nouvelles de notre intervention.

Le 1er février dernier, lors du Débat d’Orientation Budgétaire, je vous avais proposé de tout remettre à plat et de reconstruire l’ensemble de nos politiques et interventions selon la méthode budgétaire du B.B.Z. (Budget Base Zéro) avec 3 préalables :

  • être exemplaire sur nos compétences sociales avec l’objectif d’améliorer les conditions de vie des ardennais et notamment des plus défavorisés,
  • ne pas avoir de tabou,
  • maîtriser notre encours de dette dont le volume actuel est de 170 millions d’euros.

Depuis, le vote du Budget Primitif 2010 est intervenu et aucun séminaire thématique réunissant les Conseillers Généraux pour fixer le plus en amont possible le cap de nos interventions n’a été organisé.

Par conséquent, je ne saurai trop, Monsieur le Président, vous encourager à reconsidérer ma proposition !

Merci de votre attention

Christophe LEONARD

Vice-Président du Groupe Socialiste et divers gauche

Conseiller Général des Ardennes